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Allégorie de l'abolition de l'esclavage à la Réunion - Alphonse Garreau

Date :
1849
Date incertaine
Nature de l'image :
Peinture sur toile
Dimensions (HxL cm) :
129,5x108 cm
Lieu de conservation :
75.14790

Analyse

En 1848, Victor Schoelcher nomme Sarda-Garriga commissaire général de la république à La Réunion. Il arrive le 13 octobre et malgré les instances des propriétaires du nord de l'île il proclame le 18 l'abolition de l'esclavage.

La scène de la proclamation est traitée sur le mode allégorique. Sarda-Garriga se tient sur les premières marches d'un monument à la république, sur lequel on lit « LIBERTÉ ». En dessous, le bonnet phrygien, les faisceaux, la balance de l'égalité. Sarda-Garriga, qui tient le décret de la main droite, désigne de la gauche les instruments du travail des ouvriers noirs : pelle, pioche, masse, et la roue dentée des moulins à sucre. Il les invite à reprendre le travail pour faire tourner les usines (dont on voit une cheminée à l'arrière-plan) et ramener la prospérité, symbolisée par les ruches où bourdonnent les abeilles. Devant lui, le peuple des anciens esclaves semble le prendre à parti. A l'arrière-plan, un autre homme blanc en redingote invite les ouvriers à écouter ce que Sarda-Garriga a à leur dire.

Cette représentation de la proclamation de l'abolition, sans doute beaucoup plus réaliste que celle de Biard pour la Guadeloupe, a le mérite de placer le mécontentement social au cœur d'une scène débarrassée de toute mièvrerie coloniale. L'ouvrier noir vêtu de blanc qui revendique la parole face à Sarda-Garriga ne présente le visage ni de la reconnaissance, ni de la soumission, tandis que la femme du premier plan regarde sceptique le papier du décret, montrant en même temps de la main son nourrisson allongé au sol : est-ce bien cela qui nourrira mon enfant, semble-t-elle demander…

Annotations :

2. Fonds historique du Musée national des arts d'Afrique et d'Océanie.

Informations techniques

Notice #019567

Image HD

Traitement de l'image :
Image web