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La dernière Cène (version de Saint-François-Xavier) - Tintoret

Date :
1559
Nature de l'image :
Peinture sur toile
Dimensions (HxL cm) :
240x335 cm
Sujet de l'image :
Sujet d’histoire sacrée. La Cène
Lieu de conservation :
Paris, Église Saint-François-Xavier

Analyse

Comme dans la version de San Marcuola la composition reprend le dispositif traditionnel : les douze apôtres sont assis autour d’une table, au centre de laquelle le Christ  annonce la trahison de l’un d’entre eux.

« Pendant qu’ils étaient à table et mangeaient, Jésus dit : « En vérité, je vous le déclare, l’un de vous va me livrer, un qui mange avec moi. »  Pris de tristesse, ils se mirent à lui dire l’un après l’autre : « Serait-ce moi ? »  (Marc 14, 18-19)

Mais la table, au lieu d'être rectangulaire, est carrée et saisie de biais, ce qui projette le Christ à l'arrière-plan et décentre légèrement la composition. L'enjeu n'est plus la parole du Christ, mais la réaction des apôtres et des spectateurs de la scène à ce qu'il dit. Cette réaction est immédiate : Pierre, à la droite de Jésus, semble lui répondre, ou entrer en conversation avec lui. Jean, à sa gauche, continue à dormir sur la table. Mais celui dont la réaction est la plus visible est Judas. Il est certes placé en bout de table et nous tourne le dos, mais par la disposition de la table il se trouve pour nous placé au premier plan au centre, comme s'il devenait le personnage principal de la scène. Derrière son dos, il tient la bourse qui contient les trente deniers de sa trahison et objective la parole du Christ. Il pivote sur lui-même pour se lever, et sans doute quitter rapidement la salle.

 Sur les côtés on voit des hommes qui sont extérieurs à la scène : les deux de droite sont sans doute des serviteurs, ils veillent au service sans se soucier de l'enjeu spirituel de la Cène. A gauche, un homme plus âgé et de stature imposante, vêtu de rouge, domine la tablée, qu'il examine impassiblement. C'est probablement le maître d'hôtel de ce qui devient une scène d'auberge. Rien ne semble échapper à son regard : a-t-il remarqué le manège de Judas ?

Annotations :

1. Inscription et date en bas à droite : « En el tempo di M. Girolamo di Leti, de M. Bastian Gastaldo e Avicharion Salvador di Orsini. Sorivan M. Marcho di Marco e compagni della Scuola di Santissimo Sacramento : 1559 a di 31 Agosto ». L'inscription donne le nom des membres du bureau de la Scuola. Le tableau avait sans doute déjà été livré quand se réunit, le 25 juin 1560, le chapitre général de la Confrérie, pour reprocher à Gastaldo sa mauvaise gestion. Après l'exclusion de celui-ci, le chapitre décida de recouvrir par des repeints les trois personnages contemporains figurant sur la toile. En fin de compte, deux d'entre eux, Salvador di Orsini et Marco di Marco, ne furent pas effacés et seul Gastaldo disparut ; il n'est actuellement visible qu'aux rayons X.

2. Peint en 1559 pour la Scuola del Santissimo Sacramento de l’église San Felice à Venise.
Conservé dans cette église jusqu'en 1818. Déposé et conservé dans une dépendance jusqu'en 1847.
Collection de la Duchesse de Berry jusqu'en 1865.
Don de la baronne du Teil à l'église Saint-François-Xavier, à Paris.

Sources textuelles :
Évangile de Matthieu
XXVI, 20-25 (Bible de Jérusalem, p. 1724)

Informations techniques

Notice #019693

Image HD

Traitement de l'image :
Image web