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La dernière Cène (version de Saint-Martin de Lucques) - Tintoret

Notice précédente Notice n°9 sur 9

Date :
Entre 1592 et 1594
Nature de l'image :
Peinture sur toile
Sujet de l'image :
Sujet d’histoire sacrée. La Cène
Lieu de conservation :
Lucques, Cathédrale Saint-Martin

Analyse

Dans cette version de la Cène, le Tintoret a privilégié la distribution du pain consacré aux apôtres. Une nouvelle fois, la table du banquet est dressée sur une estrade à laquelle on accède par une marche qui délimite l'espace scénique comme espace théâtral. Dans le haut de la composition, on passe du théâtral au merveilleux : les putti  puis les anges font cercle autour du Christ, placé ainsi dans un espace qui n'est plus terrestre : les cieux s’ouvrent et s’illuminent, comme pour une théophanie du baptême ou de la résurrection. Jésus, au cœur de la lumière divine, est désigné par la lampe comme s'il était surmonté du Saint-Esprit. Il donne le pain qu’il vient de consacrer à Pierre. Après lui, les autres apôtres se préparent à communier, chacun à leur tour, en commençant par ceux de gauche. En bout de table au premier plan, deux apôtres discutent : celui de droite qui n’a pas d’auréole est Judas ; il tient dans sa main droite posée sur la table la bourse aux trente deniers. Devant Judas se trouve le panier aux pains. Tandis que son interlocuteur face à lui argumente avec ses mains, se nourrit de paroles, Judas tient d'une main  la bourse et porte l'autre vers les pains.

Au fond deux serviteurs apportent de la nourriture pour une table qui est déjà bien approvisionnées en plats, pains et carafes. On ne distingue plus l'agneau pascal dans les plats : la référence juive a disparu. Préfiguration spirituelle de l'autel eucharistique, la table évoque en même temps la joie profane du banquet.

Au premier plan à droite, une jeune femme est très attentive à ce qui se passe au-delà des marches. Elle est allongée, et a calé sous son bras droit, pour mieux lui donner le sein, un bébé aux cheveux bouclés. De l'allaitement maternel, nourriture terrestre, l'œil du spectateur passe à la communion, qui est la nourriture spirituelle, puis aux cieux entrouverts derrière le Christ qui confère la grâce.

Annotations :

2. Le tableau est placé sur un autel et encadré de deux colonnes corinthiennes et d'un fronton. Il a été réalisé par le Tintoret avec l'aide de son fils Domenico.

Sources textuelles :
Évangile de Matthieu
XXVI, 20-25 (Bible de Jérusalem, p. 1724)

Informations techniques

Notice #019696

Image HD

Traitement de l'image :
Image web