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Le nouveau Pygmalion (Rétif, Les Contemporaines, vol. 1, 1780) - Binet

Notice n°1 sur 86 Notice suivante

Date :
1780
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
SMITH LESOUEF R-1601
Œuvre signée
Légende

Analyse

Sujet de l’estampe de la première nouvelle (P24) : Une jeune fille de dix ans, ramassant des cendres au coin d'une borne, avec une assiette de bois. Sa gentillesse frappe un jeune homme de condition, à pied, en habit du matin, qui lui demande la demeure de ses parents :
« Je suis orpheline, Monsieur ».

L’estampe met en scène le début du récit : M. de M*** découvre une jeune fille agenouillée dans le coin de la rue des Cordeliers à Paris, comme nous l’indique la plaque en arrière-plan, ainsi que les pavés et les façades d’immeubles. L’orpheline, de son vrai nom Louise-Agathe Passementier, sera surnommée dans le récit Lisette.
La gravure représente au premier plan, en bas à gauche, l’orpheline aux pieds de M. de M***. Le centre de l’estampe est réservé à M. de M***, mais la direction des pieds de M. de M*** ainsi que l’inclination de sa tête nous poussent à regarder, vers le bas de l’illustration, la jeune fille agenouillée devant une boutique, dont on ne lit que difficilement l'enseigne : CR. HOHARE APOTICAIRE (?).
L’action saisie par le dessinateur s’interprète alors : la disposition des pieds de M. de M*** indique qu'il marchait dans la rue et qu'il vient de s'arrêter devant la jeune orpheline, qui se retourne alors vers lui alors qu'elle « ramassait des cendres au pied d'une borne » (p. 87) : elle a été interrompue dans sa tâche. L’estampe illustre l’échange de regard entre les deux personnages et donc leur première rencontre. Cet échange implique un va-et-vient du regard du spectateur ; il se crée sous nos yeux un lien entre les personnages. M. de M*** croise les mains devant lui, accompagnant par ce geste la demande qu'il adresse à Lisette : il lui offre d'assurer son éducation, il en fera sa parfaite épouse et sera ainsi son nouveau Pygmalion.

Annotations :

1. Signé sous la gravure à gauche « L. Binet inv. », à droite « L. S. Berthet scul. ».
Légende sous les signatures : « Je suis Orpheline, Monsieur. »

Sources textuelles :
Rétif de la Bretonne, Les Contemporaines (1780-1782)
Vol. 1, p. 75

Informations techniques

Notice #020027

Image HD

Traitement de l'image :
Image web
Localisation de la reproduction :
https://gallica.bnf.fr