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Trahison de Pinabel; Bradamante dans l’antre de Merlin (RolFur Venise 1549, ch3)

Notice #002071

Image HD

Série de l'image :
Lodovico Ariosto, Orlando furioso, Venise, Giolito de Ferrari, 1549, in-8°
Entre 1543 et 1549
Nature de l'image :
Gravure sur bois
Sujet de l'image :
Fiction, 16e siècle
Lieu de conservation :
Montpellier, Médiathèque centrale d’agglomération Émile Zola
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
34239RES
Sujet de recherche :
Iconographie du Roland furieux
Traitement de l'image :
Photo numérique

Analyse

Analyse de l'image :
    A gauche, Pinabel qui a trahi Bradamante en la jetant au fond d’un ravin part avec son cheval.    A droite, Mélisse, les cheveux dénoués, son livre de magie à la main, protégée par un cercle magique tracé au sol, évoque les spectres qui vont expliciter la prophétie de Merlin, dont le tombeau est accroché aux colonnes, sur la gauche. Les spectres sortent du mur sur la droite et vont disparaître dans le tombeau de Merlin. Bradamante, à qui la prophétie est destinée, écoute Melisse, mais curieusement ne se tient pas dans le cercle, que dans le texte Mélisse a tracé précisément pour la protéger des esprits.    Au second plan à gauche, Mélisse, cheveux dénoués, regarde partir Bradamante qui, au fond, rejoint Brunel.        L’espace de la gravure n’est pas un espace homogène sur le plan géométral : le cheval de Bradamante, qui jaillit de derrière la colonne du premier plan, n’a rien à voir avec cette colonne ; il n’y a pas d’espace pour sa croupe, qui a été purement et simplement escamotée.    Cet espace n’est pas un espace géométral, mais un espace symbolique, opposant de part et d’autre de la colonne deux performances : à gauche, la trahison de Pinabel ; à droite, l’évocation des esprits. Ces deux performances s’opposent : l’évocation des esprits aboutit à la présentation de la descendance de Bradamante, jusqu’au cardinal Hippolyte d’Este dédicataire du Roland furieux. L’évocation relie donc la famille d’Este à la noble famille de Clermont, à laquelle la famille de Mayence est depuis toujours et pour toujours opposée.    La gravure ne raconte donc pas à proprement parler les événements du chant III. Elle oppose les deux familles, Mayence et Clermont, et les deux polarités du monde épique que représentent ces familles, trahison et gloire, négation et célébration des valeurs héroïques.