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Agramant à la porte de Paris ; exploits d’Astolfe (Rol. furieux, Valgrisi, ch15)
Agramant à la porte de Paris ; exploits d’Astolfe (Rol. furieux, Valgrisi, ch15)

Notice #002185

Image HD

Série de l'image :
Lodovico Ariosto, Orlando furioso, Venise, V. Valgrisi, 1560, con privilegio
Auteur(s) :
Dosso Dossi, Giovanni de Lutero dit (1489-90/1542)
Date :
Entre 1556 et 1560
Nature de l'image :
Gravure sur bois
Sujet de l'image :
Fiction, 16e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Résac yd 389
Sujet de recherche :
Iconographie du Roland furieux
Traitement de l'image :
Scanner
N° de commande :
2301847
Date de commande :
31/01/2003
Photo sur papier
Localisation de la reproduction :
Collection particulière (Cachan)

Analyse

Analyse de l'image :

Au premier plan, pendant que Rodomont qui n’est pas représenté ici franchit le fossé enflammé et fait périr toutes ses troupes, Agramant s’attaque à une des portes, qui se trouvera être celle que défend Charlemagne (st. 6). Agramant (AGRA.) est accompagné notamment de Bambirague (BAMBI.), de Balivers (BALI) et de Prusion (PRV., st. 6-7).    

Au second plan à droite Logistille (LO.) donne à Astolfe (AS.) un livre d’enchantements et un cor magique (st. 13-14). Andronique et Sophrosine doivent accompagner le chevalier dans son voyage (st. 11) : la seconde jeune femme apparaît à peine, de profil, à l’extrémité droite de la gravure. Derrière eux figure leur bateau.     Le haut de l’image inscrit les épisodes suivants dans une carte du monde parcouru par Astolfe. De droite à gauche, Astolfe longe l’Inde (INDIA) et l’embouchure du Gange (GANGI. Fl, st. 16-17), la mer de Perse (PERSIA, M. PON.?, st. 37), puis traverse par terre l’Arabie jusqu’à la mer Rouge (ARABIA, MAR. ROS., st. 39). Il chevauche le long du fleuve Trajan (F. TRA., st. 40) jusqu’au Nil (NILO. F., st. 41). Là il rencontre un ermite sur une barque (st. 41-42).    

Le combat d’Astolfe contre Caligorant est décomposé en trois dessins, qu’il faut lire en retournant en arrière : de gauche à droite, le dragon tente de prendre Astolfe par derrière (st. 52); Astolfe le poursuit; le dragon est pris à son propre filet (st. 54). Astolfe se rend alors au Caire (CAIRO, st. 61-64).    

La tour d’Orrile près de l’embouchure du Nil (st. 65) est représentée au dessus du Caire, mais le graveur mentionne par erreur CA pour Caligorant. A droite de la tour, Astolfe chemine en direction de Jérusalem, tenant Caligorant attaché derrière son cheval. Le combat d’Astolfe contre Orrile, en présence de Griffon et d’Aquilant est figuré plus à droite en cinq séquences : à gauche, Astolfe arrive traînant derrière lui Caligorant. En haut Griffon (GRI) et Aquilant (AQUI) combattent Orrile (HORR) devant les deux fées qui les protègent (st. 67, 72). Sur la droite, Astolfe suivi de Caligorant, Griffon et Aquilant sont reçus dans le chateau des fées (st. 76). A droite Astolfe affronte Orrile. En bas, poursuivi par Orrile dont il a coupé la tête, Astolfe scalpe celle-ci pour en ôter le cheveu à quoi tient sa vie (st. 87).        

Dans cette gravure, le dessinateur a nettement opté pour une composition répartie en deux espaces, espace de l’agon en bas, espace de la carte en haut. La contre-performance d’en bas (c’est Rodomont qui accomplit l’exploit, non Agramant qui rencontre face à lui trop forte partie) est encadrée par le face à face des deux bâtisses, murailles de Paris à gauche, palais de Logistille à droite avec son jardin suspendu. La répartition est symbolique : à gauche, la guerre, à droite, la raison.    

L’océan indien sert de frontière entre les deux territoires : du coup la carte, dont la logique de représentation n’est pas la perspective, tombe comme un rideau de fond de scène. En même temps cette carte est en quelque sorte donnée à voir aux personnages qui sortent du palais de Logistille.

Annotations :

1. Sur la page de droite en regard de l’image,

ARGOMENTO. Ha Parigi battaglia in ogni parte Da l’essercito Moro, e da l’Ispano. Da Logistilla Astolfo si diparte ; E prende pria Caligorante insano. Indi ad Orril dal busto il capo parte, Con cui Grifone & Aquilante in vano Combattuto han. Poi Sansonetto troua. Di sua Donna ha Grifon non grata noua.

Suit l’interprétation allégorique du chant :

IN QUESTO QUINTODECIMO CANTO, PER CALIGORAN-/te, che finalmente prende se stesso nella sua rete, si vede come quasi sempre le sceleratezze, & gl’inganni altrui ritornano in vltimo à danno, & rovina di chi l’adopera. PER Orrilo, che ragliato in pezzi si risaldaua da se stesso & teneua viuo, si dimostra, che la malignità per qualche tempo si sostiene, ma che pur’al fine, chi sa conoscere le cagioni che la mantengono, & tagliarle via, come sece Astolfo il crin fatale, ond’hauea vita Orrilo, viene ad ucciderla, & à farla cadere assatto.