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Frontispice (Antonini, Dictionnaire italien, latin et françois, Paris, Jacques Vincent, 1735)

Date :
1735
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
X-2307
Œuvre signée

Analyse

En s’inspirant de la gravure dessinée par Jean-Baptiste Corneille pour le Dictionnaire de l’Académie française (1690, reproduite dans l’édition de 1718), l’ouvrage de l’abbé Antonini (1735) remplace le buste du roi par les armes du Dauphin et représente la Langue italienne sous les traits d’une allégorie féminine couronnée. Assise au centre de la composition, elle porte une robe parsemée de caractères d’imprimerie et une ceinture ornée du mot grec AEION (le temps éternel). Ces deux éléments correspondent aux attributs de l’Imprimerie dans l’Iconologie de Ripa (où le latin semper figure à la place d’aeion) et renvoient aux sources écrites — les ottimi autori — du Vocabolario de l’Académie de la Crusca. Ce dernier est représenté ouvert au bas de la scène, mis en évidence parmi d’autres volumes feuilletés par des putti ou gisant au sol, notamment les ouvrages de Bembo et de Della Casa.

L’allégorie de la Langue tient une corne d’abondance recouverte de fleurs de lys et remplie de fleurs, qu’elle offre en tendant sa main gauche à Mercure, dieu de l’éloquence, placé au-dessus d'elle à droite. De l’autre côté, Apollon, dieu de la poésie, cueille à son tour des fleurs dans la corne. Derrière Apollon, deux autres femmes — figurant l’une, la religion païenne, l’autre, la religion chrétienne — président à la sélection des fleurs, c'est-à-dire au choix des mots du dictionnaire.

La métaphore des fleurs fait référence à la devise de l'Académie de la Crusca, « il più bel fior ne coglie », elle-même empruntée à Pétrarque. Crusca désigne en italien le son  : l'emblème de la Crusca est le blutoir, qui sépare le son de la fine fleur de la farine. 

La religion païenne est figurée par une Vestale : elle tient un petit tamis circulaire, qui est la forme simplifiée du blutoir, tandis que l'autre figure, devant elle, est Matelda, personnage que Dante rencontre dans le Paradis terrestre, au bord du Léthé, alors qu’elle cueille des fleurs (Purg. XXXVIII, 41 : « e cantando e scegliendo fior da fiore », chantant et choisissant fleur après fleur). Matelda se tient devant la colonne torse dédiée à Dante, en position centrale entre les colonnes de Pétrarque et de Boccace. Ensemble, ces auteurs — les « trois couronnes » — sont considérés comme les piliers de la langue italienne.

Annotations :
  1. Signé sous la gravure à gauche « Beaumont. Sculp. »

Informations techniques

Notice #025469

Image HD

Traitement de l'image :
Image web