Frontispice (Antonini, Dictionnaire italien, latin et françois, Paris, Prault fils, 1743)
Analyse
Frontispice allégorique des deux volumes du Dictionnaire de l’abbé Antonini, publié par Prault en 1743. La première partie, le dictionnaire italien-français, avait paru chez J. Vincent en 1735 avec une autre allégorie. La seconde partie, dédiée au cardinal de Tencin, comprend le dictionnaire français-italien.
Les mots latins inscrits dans l’écusson — Hac itur ad ardua montis (« par cette voie, l’on s’élève vers les cimes escarpées du mont ») — reprennent ceux du frontispice des Principes généraux et raisonnés de la grammaire françoise de Restaut (nouvelle édition, imprimée à Paris, chez Le Gras, Lottin, Desaint, Chaubert, en 1732). Mercure y désigne aux enfants qui jouent devant lui avec les livres, Pégase et le Parnasse dans le lointain.
La formule fait peut-être aussi référence à Ange Politien, évoquant la poésie de Dante dans sa Silva Nutricia (1491) :
Nec tamen Aligerum fraudarim hoc munere Dantem,
Per Styga, per stellas, mediique per ardua montis,
Pulchra Beatricis sub Virginis ora, volantem » (v. 720-722)
(« Je ne voudrais pourtant pas priver l’ailé Dante de ce présent, lui qui, à travers le Styx, à travers les étoiles et par les pentes escarpées du Purgatoire, s’envola sous le regard radieux de la Vierge Béatrice. »)
Ardua montis qui chez Politien désigne les cimes de la montagne intermédiaire, c'est-à-dire du Purgatoire, dans le Dictionnaire s'applique au Parnasse, symbole de la gloire littéraire.
3. La gravure reprend le frontispice des Vite de pittori, scultori et architetti moderni, Rome, al Mascardi, 1672, en modifiant l'écusson que montre l'ange.
Informations techniques
Notice #025471