Souvenir de Trébizonde. Immersion de la croix au jour d'Épiphanie - Théodore Stylianides
Analyse
A l'occasion de l'Épiphanie (en grec, Τα Φώτα), le prêtre jette une croix à la mer, que les nageurs doivent repêcher. Celui qui ramène la croix est récompensé.
Trébizonde (aujourd'hui Trabzon), dans le Pont au nord de l'Anatolie et au bord de la mer Noire, était une ville essentiellement grecque. A partir de 1916, les Grecs, quand ils ne sont pas massacrés, sont sommés de choisir entre la conversion et l'exil ; les derniers Grecs présents à Trébizonde sont expulsés en 1923 à la suite du Traité de Lausanne.
La foule assistant à cette Épiphanie pontique n'était pas nécessairement exclusivement grecque, même si la communauté grecque y était nettement majoritaire. Cette photographie témoigne de l'importance de cette communauté aujourd'hui dispersée et disparue.
Le moment photographié est celui du retour des nageurs qui ont récupéré la croix. Un groupe de nageurs revient vers le rivage, précédés par un jeune homme qui a déjà pris pied sur le rivage et se tient en équilibre instable devant l'officiant, en blanc, chargé d'accueiilir le vainqueur. La foule, attentive, cherche à deviner l'identité du vainqueur qui tient la croix.
Le lieu, avec ce promontoir et ce contrefort surplombant la mer, ne semble pas être le port de Trébizonde. Sommes-nous proches de la cathédrale Saint-Grégoire-de-Nysse, reconstruite en 1863 et située au bord de la mer ? La cathédrale fut détruite dans les années 1930.
- La légende de la carte postale est en français. Le français était alors la langue postale de l'Empire ottoman.
- La carte est notée « 35 ». Elle faisait partie d'une série. L'activité de l'atelier de Théodore Stylianides est attestée des toutes dernières années du XIXe siècle jusque dans les années. On trouve une carte de la même série avec un cachet de la poste de 1904.
Informations techniques
Notice #025960