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La Forêt des suicidés (Dante Enfer ch13) - Botticelli
La Forêt des suicidés (Dante Enfer ch13) - Botticelli

Notice #004024

Image HD

Date :
Entre 1480 et 1495
Nature de l'image :
Dessin
Sujet de l'image :
Cod. Reg. lat. 1896, fol. 102 r°
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :

Tout en haut à droite, le cheval que l’on voit nous tourner le dos est en fait le centaure Nessus, qui a conduit Dante et Virgile de l’autre côté du fleuve Phlégéton, dans la forêt des suicidés. En dessous de Nessus, donc toujours en haut à droite, on distingue Dante et Virgile pénétrant dans la forêt (tercet 1). Celle-ci est peuplée de harpies (femmes-oiseaux, t. 10) et de chiennes noires (t. 124). Devant Dante et Virgile, plus vers le centre, fuient Lano de Sienne et, derrière lui, Giacomo da Sant’Andrea, damnés non comme suicidés, mais comme dissipateurs, une autre forme de violence contre soi-même (t. 115). Dante et Virgile sont représentés une 2e fois en haut à gauche, et une 3e fois en bas à gauche. La 2e fois correspond à l’arrêt de Dante, troublé par les gémissements qu’il entend. Mais, environné de ronces et de harpies, il ne voit pas encore les âmes (t. 22). La 3e fois correspond au moment où, sur l’injonction de Virgile, Dante se penche et casse une branche. L’âme de Pierre Des Vignes (ou de la Vigne), poète de l'école sicilienne et chancelier de Frédéric II, prend alors la parole.

Se croyant trahi par Pierre Des Vignes, Frédéric l'avait accusé d'avoir tenté de l'empoisonner, lui avait fait crever les yeux et l'avait livré à ses ennemis pisans. Pierre Des Vignes se suicide en 1249 en se brisant la tête contre le mur de sa prison. Il était probablement innocent. Au vers 25, Dante lui fait dire « cred’io ch’ei credette ch’io credesse », je crois qu'il crut que je croyais…