Aller au contenu principal
Peau d’Âne (Dessins pour le Cabinet des fées, 1785) - Marillier

Notice #004552

Image HD

Série de l'image :
Marillier, Dessins pour le Cabinet des fées, 2 vol., 1785
Auteur(s) :
Marillier, Clément-Pierre (1740-1808)
Date :
1785
Nature de l'image :
Dessin
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Manuscrits
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Cote Bnf, DMS-ROTH 225 n° 5
Sujet de recherche :
É. Caba, Le Conte au 18e s Texte & image dans Le Cabinet des fées, DEA juin 2005
Traitement de l'image :
Scanner

Analyse

Analyse de l'image :
La scène ici représentée condense deux séquences dans le texte de Perrault. Le prince malade d’amour a fait demander à Peau d’âne un gâteau. Celle-ci fait tomber (exprès) sa bague dans la pâte. Le prince annonce qu’il épousera celle qui pourra enfiler l’anneau à son doigt. Toutes les demoiselles de la cour et de la ville s’y essayent en vain. Arrive le tour de Peau d’âne, la dernière souillon du royaume. On lui fait essayer l’anneau en cuisine, elle peut l’enfiler. Elle exige alors de pouvoir s’habiller d’une de ses belles robes que son père lui a fait confectionner pour paraître à la Cour, dans tout son éclat.
    Il y a donc une scène de l’essai de l’anneau, en cuisine (et sans doure en présence du Prince), puis une scène de présentation à la Cour, ou Peau d’âne sans peau d’âne est présentée au Roi.
   
    La condensation des deux séquences en une seule scène visuelle n’est cependant pas l’œuvre de Marillier seul. Le texte de Peau d’âne qu’il illustre n’est pas la version originale en vers de Perrault, mais la version en prose, qui est du XVIIIe siècle et opère cette condensation :
    « Depuis que [Peau d’âne] avait su qu’on cherchait un doigt propre à mettre sa bague, je ne sais quel espoir l’avait portée à se coiffer plus soigneusement, et à mettre son beau corsage d’argent, avec le jupon plein de falbalas de dentelle d’argent, semés d’émeraudes. Sitôt qu’elle entendit qu’on heurtait à la porte et qu’on l’appelait pour aller chez le prince, elle remit promptement sa peau d’Ane, ouvrit sa porte, et ces gens, en se moquant d’elle, lui dirent que le roi la demandait pour lui faire épouser son fils. Puis, avec de longs éclats de rire, ils la menèrent chez le prince qui, lui-même, étonné de l’accoutrement de cette fille, n’osa croire que ce fût elle qu’il avait vue si pompeuse et si belle. Triste et confondu de s’être si lourdement trompé, il lui dit :
    — Est-ce vous, qui logez au fond de cette allée obscure, dans la troisième basse-cour de la métairie ?
    — Oui, seigneur, répondit-elle.
    — Montrez-moi votre main, dit-il en tremblant et poussant un profond soupir .
    Dame ! qui fut bien surpris ? Ce furent le roi et la reine, ainsi que tous les chambellans et tous les grands de la cour, lorsque de dessous cette peau noire et crasseuse sortit une petite main délicate, blanche et couleur de rose, où la bague s’ajusta sans peine au plus joli petit doigt du monde ; et, par un petit mouvement que l’Infante se donna, la peau étant tombée, elle parut d’une beauté si ravissante que le prince, tout faible qu’il était, se mit à ses genoux et les serra avec une ardeur qui la fit rougir. »
Annotations :
1. En haut à gauche, au-dessus du dessin, « peau d’âne ».
Dans le cartouche sous le dessin « est-ce vous qui logez au fond de cette allee obscure, dans la troisieme basse-cour de la métairie ? »
2. Illustration de Clément Pierre Marillier dans son recueil de cent vingt dessins originaux lavés à l’encre de Chine, composé en 1785 pour le Cabinet des fées, tome 1.
3e illustration du volume 1.
3. L’essai de l’anneau au doigt de Peau d’Âne n’est bien sûr pas sans rappeler l’essai de la pantoufle chez la Cendrillon du même auteur.