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L’horoscope (Fables de La Fontaine, 1678, 3eP) - atelier de Chauveau
L’horoscope (Fables de La Fontaine, 1678, 3eP) - atelier de Chauveau

Notice #005447

Image HD

Série de l'image :
Fables choisies mises en vers par M. de La Fontaine, 3e p., Thierry&Barbin, 1678
Auteur(s) :
Chauveau, François (1613-1676)
Date :
1678
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Versailles, Bibliothèque municipale centrale
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Rés. B 240
Traitement de l'image :
Photo numérique
N° de commande :
Localisation de la reproduction :
Collection particulière

Analyse

Analyse de l'image :

L’Horoscope.

             On rencontre sa destinée
Souvent par des chemins qu’on prend pour l’éviter.
             Un père eut pour toute lignée
Un fils qu’il aima trop, jusques à consulter
             Sur le sort de sa géniture
             Les diseurs de bonne aventure.
Un de ces gens lui dit, que des Lions sur tout
Il éloignât l’enfant jusques à certain âge ;
             Jusqu’à vingt ans, point davantage.
             Le père pour venir à bout
D’une précaution sur qui roulait la vie
De celui qu’il aimait, défendit que jamais
On lui laissât passer le seuil de son Palais.
Il pouvait sans sortir contenter son envie,
Avec ses compagnons tout le jour badiner,
             Sauter, courir, se promener.
             Quand il fut en l’âge où la chasse
             Plaît le plus aux jeunes esprits,
             Cet exercice avec mépris
             Lui fut dépeint : mais, quoi qu’on fasse,
             Propos, conseil, enseignement,
             Rien ne change un tempérament.
Le jeune homme, inquiet, ardent, plein de courage,
A peine se sentit des bouillons d’un tel âge,
             Qu’il soupira pour ce plaisir.
Plus l’obstacle était grand, plus fort fut le désir.

Il savait le sujet des fatales défenses ;

Et comme le logis plein de magnificences,
           
Abondait partout en tableaux,
           
Et que la laine et les pinceaux

Traçaient de tous côtés chasses et paysages,

            En cet endroit des animaux,

            En cet autre des personnages,

Le jeune homme s’émeut, voyant peint un lion.
« Ah ! monstre, cria-t-il, c’est toi qui me fais vivre

Dans l’ombre et dans les fers ! »
A ces mots, il se livre

Aux transports violents de l’indignation,
Porte le poing sur l’innocente bête.

Sous la tapisserie, un clou se rencontra :
            Ce clou le blesse ; il pénétra
Jusqu’aux ressorts de l’âme : et cette chère tête,
Pour qui l’art d’Esculape en vain fit ce qu’il put,
Dut sa perte à ces soins qu’on prit pour son salut.

Annotations :

1. La gravure n’est pas signée. La fable est notée XV par erreur.

2. 3e partie, Livre II, Fable 16.
Cette première anecdote de la fable vient d’Esope (L’enfant et son père).