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Les filles de Jéthro (détail des Histoires de Moïse) - Botticelli

Notice #006808

Image HD

Auteur(s) :
Botticelli, Sandro (1444 ou 1445-1510)
Entre 1481 et 1482
Nature de l'image :
Fresque
Sujet de l'image :
Sujet d’histoire sacrée. Moïse et les filles de Jethro
Traitement de l'image :
Scanner
Localisation de la reproduction :
Collection particulière (Cachan)

Analyse

Analyse de l'image :
Moïse abreuve les moutons des filles de Jéthro ; l’une d’elles, Zéphora, deviendra sa femme.
Annotations :
2. Alors qu’au cours de son premier voyage à Rome, en 1840, John Ruskin avait jugé « toutes les grandes peintures religieuses [...] de la Sixtine sans intérêt pour [lui] » (Praeterita, Londres, Allen, 1899, T.II, pp.46-47), un deuxième séjour, en 1872, devait lui révéler les fresques de Pérugin et de Botticelli qui ornent cette enceinte. Aussi demanda-t-il, deux ans plus tard, au peintre Charles Fairfax Murray (1849-1919) « dont Burne-Jones lui avait signalé le talent de copiste et qui allait l’aider à constituer sa collection de répliques » d’aller relever plusieurs de ces fresques, puis, l’ayant rejoint, entreprit-il lui-même quatre études, d’après des détails de la Vie de Moïse de Botticelli. La plus fameuse d’entre elles concerne la figure de Zephora, fille du grand prêtre Jéthro et future femme de Moïse, qui fut reprise à grandeur en quatorze jours. Dans une note, rédigée à l’occasion de l’exposition de cette aquarelle à Brighton, en 1876, Ruskin revint sur la jeune fille drapée, que Botticelli avait selon lui tout entière tirée de l’Athéna grecque classique, « bien que changeant les attributs de la déesse pour la transformer en jeune bergère » (cit. par J. Clegg et P.Tucker). La beauté sereine de Zephora forme à son tour, dans la Recherche, le modèle plastique permettant à Swann d’interpréter, de retenir et d’aimer durablement les traits d’Odette de Crécy : « [Swann] plaça sur sa table de travail, comme une photographie d’Odette, une reproduction de la fille de Jéthro [...] et adaptant ce qu’il trouvait beau jusque-là d’une façon esthétique à l’idée d’une femme vivante, il le transformait en mérites physiques qu’il se félicitait de trouver réunis dans un être qu’il pourrait posséder » (RTP, I, 221). Marcel Proust connaissait lui-même la reproduction de la présente copie de Ruskin qui orne en frontispice le volume XXIII des œuvres complètes du philosophe anglais, dans la « Library Edition » (cf Corr., VI, 75). (Commentaire Exposition Bnf « Proust, l’écriture et les arts ».)