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Zulica séduite par Nassès (Crébillon, Le Sopha, II, 15, 1749)

Notice #007172

Image HD

Série de l'image :
[Crébillon,] Le Sopha, conte moral, nelle éd., à Pékin, chez l’empereur, 1749
Auteur(s) :
Pelletier, Jean (1736?-?), peintre de genre et graveur
Clavareau, P., graveur du XVIIIe siècle
Date :
1749
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 18e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Département Littérature et art
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Y2-68988
Traitement de l'image :
Photo numérique

Analyse

Analyse de l'image :
Zulica a accepté de retrouver l’« inconstant et dissipé » (p. 395) Mazulhim pour un rendez-vous galant dans sa Petite Maison (I, 11, p. 366). Mais celui-ci se conduit comme un goujat : après lui avoir fait l’éloge de l’inconstance, il l’étend sur le sopha et, pour commencer, rien ne vient. Mazulhim croyant que sa mésaventure avec Zéphis se répète, se prétend victime de « tous les magiciens des Indes » (p. 370), puis accuse l’excès de son ardeur. Révoltée, Zulica casse un vase (p. 371). Seconde tentative, second échec (p. 374). Le dépit de Zulica fait finalement éclater de rire Mazulhim et lève ses inhibitions (p. 376).
    Zulica rentre chez elle furieuse. L’âme de Zuleïman quitte alors le sopha de la Petite Maison de Mazulhim pour suivre Zulica chez elle (II, 12 ; p. 384), où elle reçoit Zâdis, un amoureux transi et jaloux. Après l’avoir supporté toute une journée, Zulica préfère encore revenir à Mazulhim, et Zuleïman retourne avec elle dans la Petite Maison. Mais à la place de son amant, Zulica y trouve un Indien venu porter les excuses de celui-ci.
    « Nassès, c’était le nom de l’Indien » (p. 394) révèle à Zulica que Mazulhim, tout heureux de sa virilité retrouvée, lui a tout raconté et profite du dépit de celle-ci pour la séduire. Le chap. XIV est consacré aux échanges de discours de Zulica et de Nassès.
    Après les discours, Nassès tente de passer aux actes : « je jugeai que Nassès empêchait Zulica de parler, et qu’elle l’empêchait de poursuivre. » (P. 406.) Mais Nassès a le verbe subtil et obtient par la persuasion ce qu’il n’a pas réussi par la force. La gravure représente les deux nouveaux amants juste après l’acte consommé.
   
    « Lorsqu’il eut cessé, Nassès se jeta à ses genoux. Ah ! laissez-moi, lui dit-elle en le repoussant faiblement. Quoi ! répondit-il d’un air étonné, aurais-je eu le malheur de vous déplaire, et serait-il possible que vous eussiez à vous plaindre de moi ? Si je ne m’en plains pas, reprit-elle, ce n’est pas que je n’eusse de quoi le faire. […] Oui, Nassès, dit-elle en soupirant, je vous aime !
    Nassès allait remercier Zulica, lorsque l’esclave de Mazulhim vint servir ; il en soupira… »
   
   Le graveur représente la scène exactement au moment où le serviteur s’est retiré, laissant la table garnie de pain, de vin et de fruits. Ce moment est souligné dans le texte par l’interruption du sultan, qui redouble au niveau extra-diégétique l’interruption de l’esclave : « Parbleu ! je le crois bien, interrompit le Sultan, voilà comme sont les valets ! On ne les voit jamais que quand on a le moins besoin de leur présence. N’ayez pas peur qu’il soit venu tantôt, pendant que Nassès et Zulica s’ennuyaient tant ! Il faut précisément qu’il vienne interrompre, quand j’ai le plus de plaisir à entendre. Vous m’avez étonné, vous, lui dit la Sultane, de n’avoir rien dit. Tubleu ! répliqua-t-il, je n’avais garde de les troubler ; j’avais trop envie de savoir comment tout ceci finirait. J’en suis fort content, ajouta-t-il en se tournant vers Amanzei ; voilà ce qui peut s’appeler une situation touchante, j’en ai encore les larmes aux yeux ! » (P. 411.)
Annotations :
1. Signé en bas à gauche « Clavareau inv. », à droite « Pelletier sculp. ».
2. Planche hors texte face à la page 107 de la seconde partie.