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Zulica pleure entre Mazulhim et Nassès (Crébillon, Le Sopha, II, 19, 1749)

Notice #007173

Image HD

Série de l'image :
[Crébillon,] Le Sopha, conte moral, nelle éd., à Pékin, chez l’empereur, 1749
Auteur(s) :
Pelletier, Jean (1736?-?), peintre de genre et graveur
Clavareau, P., graveur du XVIIIe siècle
Date :
1749
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 18e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Département Littérature et art
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Y2-68988
Traitement de l'image :
Photo numérique

Analyse

Analyse de l'image :
Pleine de dépit envers Mazulhim, et séduite par les discours de Nassès, Zulica s’est laissée séduire par lui. Mais elle découvre peu à peu qu’il connaît tout de ses liaisons passées et il lui fait un tableau horrible de leur succession.
    « ce que je fais pour vous est tout simple, et pour savoir l’opinion que je dois en avoir, je n’ai qu’à consulter la façon dont vous vous êtes rendue à mes désirs ; mais en ne croyant pas tout, vous sentez bien aussi qu’il est impossible que je ne croie rien. » (II, 18, p. 436.)
    Zulica outragée se lève pour partir, mais est arrêtée par l’arrivée de Mazulhim (II, 19, p. 438) :
   
    « Après ce qui s’était passé entre Zulica et Mazulhim, elle de vait peu s’attendre à le revoir, c’était cependant lui qui entrait. Elle recula de surprise en le voyant, et les pleurs succédant à son étonnement, elle se laissa tomber sur moi. Il feignit de ne pas remarquer l’état où sa présence la mettait, et s’avançant vesr elle d’un air libre : Je viens, Reine, lui dit-il, vous demander pardon. Un enchaînement d’affaires accablantes, affreuses, désespérantes m’a empêché de me rendre à vos ordres… Quoi ! vous pleurez ! Ah ! Nassès ! cela n’est pas bien, vous avez abusé de ma faclité, de mon amitié, de ma confiance !… Mais, mais au vrai, je ne comprends rien de tout ceci, moi. Vous êtes fâchée ! C’est que j’en suis furieux, désolé, je ne m’en consolerai jamais. Ceci fait une aventur eunique, étonnante, du premier rare !… Enfin, ne peut-on savoir ce que c’est que tout cela ? Dites donc, vous autres ! vous ne parlez point ? Ah ! je vois ce que c’est ; j’en suis la cause innocente. Vous me croyez infidèle, oui, vous le croyez. Que vous connaissez peu mon cœur ! Je reviens à vous, mille fois, je dis mille fois plus tendre, plus épris, plus enchanté que jamais.
    Plus Mazulhim feignait de tendresse, plus Zulica, déconcertée, abattue, s’obstinait au silence. Nassès qui jouait malignement de sa confusion, craignait, s’il répondait à Mazulhim, qu’elle ne profitât de ce temps-là pour se remettre, et attendait impatiemment qu’elle répondît elle-même. Ce fut en vain. Ils restèrent quelques temps tous trois dans le silence. De grâce, éclaircissez-moi ce mystère, dit enfin Mazulhim à Nassès ; est-ce de vous ou de moi que Madame a à se plaindre ? Ne m’aime-t-elle plus, vous aime-t-elle ? » (P. 438.)
   
   Nassès part et Zulica comprend que tout ce qui vient de lui arriver est un coup monté par Mazulhim, qui lui fait la leçon.
Annotations :
1. Signé en bas à gauche « Clavareau inv. », à droite « Pelletier sculp. ».
2. Planche hors texte face à la page 177 de la seconde partie.