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Assassinat d’un duc, au lieu d’une nuit d’amour (Heptam. N12, Amsterdam, 1698)

Notice #007602

Image HD

Série de l'image :
Contes et nouvelles de Marguerite de Valois, Amsterdam, G. Gallet, 1698
Auteur(s) :
De Hooghe, ou De Hooch, Romeyn (1645-1708)
Date :
1698
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre, taille-douce (au burin)
Sujet de l'image :
Fiction, 16e siècle
Lieu de conservation :
Versailles, Bibliothèque municipale centrale
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
F.A. in-8° E431e (1er volume)
Traitement de l'image :
Photo numérique

Analyse

Analyse de l'image :
« Le duc de Florence, n’ayant jamais peu faire entendre à une dame l’affection qu’il luy portoit, se decouvrit à un gentil homme frere d’elle, et le pria l’en faire jouyr : ce qu’après plusieurs remontrances au contraire, luy accorda de bouche seulement ; car il le tua dedans son lit, à l’heure qu’il esperoit avoir victoire de celle qu’il avoit estimée invincible. Et ainsi, delivrant sa patrie d’un tel tyran, sauva sa vie et l’honneur de sa maison. »
   
   Le gentilhomme a donné rendez-vous dans le plus grand secret au duc dans une chambre du logis de sa sœur. Il laisse le duc dans le lit et va chercher un homme de ses gens, qui prend un poignard. Tous deux entrent dans la chambre ; le duc ouvre le rideau du lit en croyant voir arriver la sœur de son ami. Au lieu de cela, le gentilhomme se jette sur lui. Mais il ne parvient pas seul à l’assassiner :
    « Et, quant le duc l’ouyt revenir, pensant qu’il luy amenast celle qu’il aymoit tant, ouvrit son rideau et ses oeilz, pour regarder et recepvoir le bien qu’il avoit tant actendu ; mais, en lieu de veoir celle dont il esperoit la conservation de sa vie, va veoir la precipitation de s amort, qui estoit une espée toute nue que le gentil homme avoit tirée, de laquelle il frappa le duc qui estoit tout en chemise ; lequel, denué d’armes et non de cueur, se mist en son seant, dedans le lict, et print le gentil homme à travers le corps, en luy disant : “Est-ce cy la promesse que vous me tenez ?” Et, voiant qu’il n’avoit autres armes que les dentz et les ongles, mordit le gentil homme au poulce, et à force de bras se defendit, tant que tous deux tomberent en la ruelle du lict. Le gentil homme, qui n’estoit trop asseuré, appela son serviteur ; lequel, trouvant le duc et son maistre si liez ensemble qu’il ne sçavoit lequel choisir, les tira tous deux par les piedz, au milieu de la place, et avecq son poignard s’essaya de couper la gorge du duc, lequel se defendit jusques ad ce que la perte de sang le rendist si foible qu’il n’en povoit plus. Alors le gentil homme et son serviteur le meirent dans son lict, ou à coups de poignart le paracheverent de tuer. Puis tirans le rideau, s’en allerent et enfermerent le corps mort en la chambre. »
   
   La gravure représente le moment où le serviteur ayant tiré son maître et le duc au centre de la chambre, le duc est égorgé. Mais c’est le gentilhomme qui semble ici porter le coup fatal.
   
Annotations :
2. 2e journée, 12e nouvelle.
Le duc est Alexandre de Médicis, assassiné en 1537 par son cousin Laurent de Médicis.
3. L’histoire fournira la trame du Lorenzaccio de Musset. Elle se trouve dans la Storia fiorentina de Benedetto Varchi (à partir de 1547, publiée seulement au 18e siècle).