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Témérité d’un secrétaire envers la f. de son hôte (Heptam. N27, Amsterdam, 1698)

Notice #007628

Image HD

Série de l'image :
Contes et nouvelles de Marguerite de Valois, Amsterdam, G. Gallet, 1698
Auteur(s) :
De Hooghe, ou De Hooch, Romeyn (1645-1708)
Date :
1698
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre, taille-douce (au burin)
Sujet de l'image :
Fiction, 16e siècle
Lieu de conservation :
Versailles, Bibliothèque municipale centrale
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
F.A. in-8° E431e (1er volume)
Traitement de l'image :
Photo numérique

Analyse

Analyse de l'image :
« Ung secretaire, prouchassant, par amour deshonnete et illicite, la femme d’un sien hoste et compaignon, pour ce qu’elle faisoit semblant de luy prester voluntiers l’aureille, se persuada l’avoir gaingnée ; mais elle fut si vertueuse, que souz cette dissimulation le trompa de son esperance et declara son vice à son mary. »
   
   Les protagonistes de cette histoire sont extrêmement laids : « Le dict secretaire estoit si laid, qu’il sembloit mieulx ung roy de canniballes que chrestien » ; quant à la femme de son maître, qu’il courtise, elle « n’avoit en elle chose aimable que le contraire de la volupté » : autrement dit elle était aussi laide que vertueuse.
    L’image représente le moment où la femme laide feint de donner rendez-vous à son ignoble galant, pour mieux le tourner en dérision :
    « Ung jour, entre aultres, son mary estant en la maison, et eulx en une salle, elle faingnit qu’il ne tenoit que à trouver lieu seur pour paerler à luy seulle, ainsy qu’il desiroit, mais incontinant luy dist qu’il ne falloit que monter au galletas. Soubdain, elle se leva et le pria d’aller devant et qu’elle iroit après. Luy, en riant avecq une doulceur de visaige semblable à ung grand magot, quand il festoye quelcun, s’en monta legierement par les degretz ; et, sur le poinct qu’il attendoit ce qu’il avoit tant desiré, bruslant d’un feu non cler comme celuy de genefvre, mais comme ung gros charbon de forge, escoutoit si elle viendroit après luy ; mais en lieu d’oyr ses piedz, il ouyt sa voix disant : “Monsieur le secretaire, actendez ung peu, je m’en voys sçavoir à mon mary s’il luy plaist bien que je voise après vous.” Pensez, mes dames, quelle myne peult faire en pleurant celluy qui en riant estoit si layd ! lequel incontinant descendit les larmes aux œilz, la priant pour l’amour de Dieu, qu’elle ne voulsist rompre par sa parolle l’amityé de luy et de son compaignon. »
   
   Mais la dame ne veut rien entendre, et contraint le secrétaire à la fuite.
Annotations :
2. 3e journée, 27e nouvelle.