Aller au contenu principal
Hypocrisie d’une Dame de cour découverte (Heptaméron N43, Amsterdam, 1698)
Hypocrisie d’une Dame de cour découverte (Heptaméron N43, Amsterdam, 1698)

Notice #007672

Image HD

Série de l'image :
Contes et nouvelles de Marguerite de Valois, Amsterdam, G. Gallet, 1698
Auteur(s) :
De Hooghe, ou De Hooch, Romeyn (1645-1708)
Date :
1698
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre, taille-douce (au burin)
Sujet de l'image :
Fiction, 16e siècle
Lieu de conservation :
Versailles, Bibliothèque municipale centrale
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
F.A. in-8° E431e (2e volume)
Traitement de l'image :
Photo numérique

Analyse

Analyse de l'image :

« Jambicque, preferant la gloire du monde à sa conscience, se voulut faire devant les hommes autre qu’elle n’estoit ; mais son amy et serviteur, descouvrant son hypocrisye par le moyen d’un petit trait de craye, revela à un chascun la malice qu’elle mectoit si grand peine de cacher. »
   
   Jambicque est au service d’une princesse. Elle professe bien haut le mépris des hommes mais est secrètement amoureuse d’un gentilhomme. N’y tenant plus au bout d’un an, elle lui fait donner rendez-vous dans une galerie du jardin et s’y rend « ayant mis sa cornette basse et son touret de nez » : sa coiffe cache le haut du visage et un petit masque en cache le bas. La gravure représente le moment où le gentilhomme, tâtant les vêtements de la dame, évalue sa condition :
    « L’heure estoit de cinq et six en yver, qui entierement lui ostoit la veue d’elle. En touchant ses habillemens, trouva qu’ilz estoient de veloux, qui en ce temps-là ne se portoit à tous les jours, sinon par les femmes de grande maison et d’auctorité. En touchant ce qui estoit dessoubz autant qu’il en povoit prendre jugement par la main, ne trouva rien qui ne fust en très bon estat, nect et en bon poinct. Si mist peine de luy faire la meilleure chere qu’il luy fust possible. De son costé, elle n’en feit moins. Et congneut bien le gentil homme qu’elle estoit mariée. »
    Les rendez-vous se succèdent, et la demoiselle ne révèle toujours pas son identité. Finalement, le gentilhomme en l’embrassant trace un trait de craie sur son épaule, qui lui permet de reconnaître Jambicque.
    « En ceste doubte-là, se delibera de sçavoir qui estoit ceste-là qui luy faisoit si bonne chere ; et, une aultrefois qu’elle le manda, porta avecq luy de la craye, dont, en l’embrassant, luy en feit une marque sur l’espaule, par derriere, sans qu’elle s’en apperceut; et, incontinant qu’elle fut partye, s’en alla hastivement le gentil homme en la chambre de sa maistresse, et se tint aupres de la porte pour regarder le derriere des espaules de celles qui y entroient. Entre autres, veit entrer ceste Jambicque avecq une telle audace, qu’il craingnoit de la regarder comme les aultres, se tenant très asseuré que ce ne povoit estre elle. Mais, ainsy qu’elle se tournoit, advisa sa craye blanche, dont il fut si estonné, qu’à peyne povoit-il croire ce qu’il voyoit. »

Annotations :

2. 5e journée, 43e nouvelle.