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La biche au bois (Dessins pour le Cabinet des Fées) - Marillier

Notice #008226

Image HD

Série de l'image :
Marillier, Dessins pour le Cabinet des fées, 2 vol., 1785
Auteur(s) :
Marillier, Clément-Pierre (1740-1808)
Date :
1785
Nature de l'image :
Dessin (lavis)
Sujet de l'image :
Fiction, 18e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Manuscrits
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Fonds Rothschild, Picot 225
Traitement de l'image :
Photo numérique

Analyse

Analyse de l'image :
Le prince, qui erre dans la forêt, chasse une biche blanche et la blesse. Celle-ci n’est autre que la princesse qu’il convoite et qui a été changée en biche par un sortilège. Il l’a attachée à un arbre et est allé chercher de l’aide pour la transporter : lorsqu’il revient avec son serviteur, Giroflée, la servante de la princesse est en train de la libérer.
    Il s’exclame alors et invoque son droit de propriété sur la biche parce que c’est lui qui l’a blessée. La servante lui répond que la biche est sienne, et le prouve en montrant que l’animal la comprend.
    Marillier choisit de donner pour légende à ce second dessin dédié au conte de La biche au bois la requête du prince dénonçant l’acte comme un vol.
    Au premier plan, à gauche, le prince de trois quarts dos et son serviteur de profil regardent vers la droite, en direction de la biche et de la servante. Au second plan, à droite, la biche blanche couchée, une flèche dans la cuisse, de profil tourne le dos au deux hommes. La servante tient la tête de la biche dans ses bras et fait face aux arrivants. En arrière-plan, un grand arbre, l’arrière d’une maison avec une fenêtre, puis la forêt.
    Les deux premiers plans constituent la scène proprement dite, c’est-à-dire l’espace restreint de la scène, équivalant à la scène de théâtre. Il est délimité, tout devant, par une ligne de feuillage, et derrière, par l’arbre et les buissons. La maison constitue le décor de fond de scène.
    La scène est occupée par deux groupes de personnages, à gauche et à droite, au premier et au second plan. Le groupe de gauche se détache sur la forêt, tandis que le groupe de droite se détache sur l’arbre et la maison. Le groupe de gauche vient de l’extérieur, et porte agression contre le groupe de droite.
    A gauche, pour l’identifier et le distinguer du serviteur, le prince est en armes, une épée à la taille, un carquois sur le dos, un arc à la main ; son chapeau à plume est également une marque de distinction. Le bras tendu du prince vers la biche rappelle son affirmation de propriété sur la biche, et son port de tête plein de hauteur exprime sa détermination. Le serviteur, avec la même hauteur, mais plus souriante, se range au côté de son maître : il renforce sa requête tout en restant en retrait.
    A droite, la robe de la servante forme un drapé de forme un peu étrange derrière elle, comme si elle s’était accrochée au buisson. Marillier suggère ainsi l’embarras dans lequel Giroflée est prise, tandis qu’elle cherche à dénouer les rubans avec lesquels le prince a attaché la biche, le temps d’appeler son serviteur Becafigue à la rescousse. Il faudrait rattacher le groupe que Giroflée forme avec la biche aux représentations médiévales de la dame à la licorne.
    La bouche ouverte de la biche indique qu’elle souffre, ou plutôt qu’elle est en train de lécher la servante en signe de reconnaissance. Sa tête tournée vers la servante indique qu’elle cherche à échapper aux deux hommes. La servante quant à elle a une attitude protectrice vis-à-vis de la biche, presque maternelle. Elle s’oppose clairement à la volonté du prince et sa bouche ouverte suggère qu’elle est en train de lui répondre.
    On observe un fort contraste entre les hommes armés, debout, en train d’avancer et les deux personnages féminins, proches du sol, ne pouvant fuir, acculés.
    La maison de l’arrière-plan est l’auberge dans laquelle le prince et la princesse ont tout deux cherché refuge et qu’ils habitent chacun à l’insu de l’autre. Pourtant cette maison est bien plus éloignée de la scène que ce que la gravure indique : mais il s’agit là d’un raccourci pour rappeler le rôle de cet asile qui recueille les deux personnages et leur permettra de se rencontrer enfin.
    Le raccourci est à la fois spatial et temporel : il désigne à la fois ce qui a précédé et ce qui va suivre la scène, constituant ainsi celle-ci en instant prégnant.
Annotations :
1. Légende dans le cartouche sous le dessin : « Quelque respect que j’aie pour vous Madame | permettez-moi de m’opposer au larcin que vous | voulez me faire »
2. 3e illustration du volume 3.