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Recherche infructueuse
Auteurs & Autrices :
  • Claret Jean-Louis

Résumé :

Les programmations 2017-2018 et 2018 -2019 du Th√©√Ętre National de la Cri√©e ont mis William Shakespeare √† l'honneur en programmant deux pi√®ces majeures du corpus du dramaturge √©lisab√©thain : le Macbeth de Fr√©d√©ric B√©lier Garcia et La Temp√™te d'Irina Brook. Ces deux pi√®ces composent un diptyque dans la mesure o√Ļ la premi√®re met en sc√®ne le Mal et la sorcellerie tandis que le monde repr√©sent√© dans la seconde est soumis aux pouvoirs d'une magie bienveillante. Le combat entre magie blanche et magie noire qui sous-tend ces univers dramatiques est donc √©galement livr√© √† distance √† travers le choix de ces deux pi√®ces qui peuvent dans un premier temps √™tre envisag√©es comme des polarit√©s oppos√©es. Toutefois, m√™me si le discours des sorci√®res s'oppose nettement aux propos bienveillants du l'ancien Duc de Milan, ces oeuvres se rejoignent du fait de la place pr√©dominante qu'elles accordent √† l'amour. Dans une pi√®ce on tue par amour, dans l'autre on renonce √† tuer par amour. Avant d'√©voquer les pratiques magiques des divers personnages il importe de d√©finir les notions qui vont √™tre utilis√©es dans cette pr√©sentation. Il sera en effet question de magie noire et de magie blanche. La premi√®re est g√©n√©ralement consid√©r√©e comme le contraire de la seconde dans la mesure o√Ļ elle est associ√©e au d√©mon et √† la sorcellerie. La magie blanche est par contre consid√©r√©e comme une force positive fond√©e sur des ph√©nom√®nes naturels et visant √† apporter une aide surnaturelle √† ceux qui en ont besoin. Mais l'imagination Renaissante associait √† ces formes de magie une valeur plus subtile que celle que nous avons tendance √† leur accorder r√©trospectivement. En effet, si l'on suit la d√©monstration men√©e par Reginald Scot dans son Discovery of Witchcraft de 1585, il serait plus juste d'envisager ces deux formes de magie dans la relation qu'elles entretenaient avec le Diable. Pour cet auteur qui rapportait les croyances de son temps afin de les d√©construire, la magie noire ¬ę sert le d√©mon alors que la blanche le soumet. ¬Ľ En d'autres termes, la magie blanche est effectivement bienveillante mais elle est aussi plus puissante que la magie noire qu'elle peut englober. En d'autres termes, comme le dit Faust dans le Dr Faust de Christopher Marlowe, ¬ę un bon magicien est un dieu puissant. ¬Ľ 1 La magie et l'amour vont servir de lignes directrices dans cet article qui va s'efforcer de mettre en √©vidence les enjeux √©motionnels des deux pi√®ces de Shakespeare qui nous int√©ressent. Comme √† son habitude, le dramaturge √©lisab√©thain 2 va pi√©ger les spectateurs et les amener √† remettre en question leurs certitudes, voire √† se surprendre √† aimer la beaut√© d'une po√©sie v√©n√©neuse ou une bont√© paternelle teint√©e de cruaut√©. Apr√®s avoir analys√© les diff√©rentes formes de magie pr√©sent√©es dans ces deux pi√®ces, nous nous int√©resserons aux ph√©nom√®nes d'√©quivoque qu'elles d√©veloppent. Il sera ensuite temps de se consacrer √† l'√©tude du sentiment amoureux qui sous-tend les deux drames et contribue √† les rendre fascinants.

Type de document : Journal articles