Marcassin attendait trop impatiemment la belle Ismène pour ne se pas apercevoir qu’elle tardait longtemps à revenir, il l’appelait de toute sa force, sans qu’elle lui répondît. Il se fâcha beaucoup, et se levant avec sa robe de chambre, il courut à la porte du cabinet qu’il fit enfoncer. Il y entra le premier : hélas ! quelle fut sa surprise, de trouver Ismène et Corydon dans un état si déplorable ! Il pensa mourir de tristesse et de rage ; ses sentiments confondus entre l’amour et la haine le tourmentaient tour à tour. Il adorait Ismène mais il connaissait qu’elle ne s’était tuée que pour rompre tout d’un coup l’union qu’ils venaient de contracter. L’on courut dire au roi et à la reine ce qui se passait dans l’appartement du prince, tout le palais retentit de cris. Ismène était aimée, et Corydon estimé. Le roi ne se releva point ; il ne pouvait entrer aussi tendrement que la reine dans les aventures de Marcassin ; il lui laissa le soin de le consoler. (éd. Nadine Jasmin, p. 470)