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Supplice de la famille de Carle-Son (Juliette, V, fig. 44)
Supplice de la famille de Carle-Son (Juliette, V, fig. 44) Auteur : Bornet, Claude, peintre et graveur du XVIIIe siècle

Cette notice fait partie d’une série : Histoire de Juliette (tomes 5 à 10 de La Nlle Justine), 1797 [1801] (pièce ou n° 44 / 59)

Datation : entre 1797 et 1801

Source textuelle : Sade, Donatien Alphonse François, marquis de (1740-1814) Histoire de Juliette, Ve partie, Pléiade p. 1012-1014

Sujet de l’image : Fiction, 18e siècle

Nature de l’image : Gravure sur cuivre

Lieu de conservation : Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve, Enfer 2507 (9)
Notice n° B2985   (n°15 sur 15)  Notice précédente  Toutes les notices 
1. Inscriptions, signatures. 2. Historique, auteur, fabrication, commanditaires. 3. Variantes, œuvres en rapport :
1. Au-dessus de la gravure à gauche « T. IX. », à droite « P. 228. »

Analyse de l’image :
    La scène se passe à Naples. Le capitaine de Carle-Son livre aux libertins une famille, qui n’est autre que celle de Carle-Son : sa femme Rosine, épousée à Copenhague, deux filles, Christine et Ernelinde, et un fils, Francisque. Carle-Son tient à exprimer son dévouement : qu’ils en fassent absolument ce qu’ils en veulent ! (P. 1004.)
    Après avoir été suppliciés, les quatre malheureux sont dressés sur la table, comme en apprêt du souper, tandis que les libertins jouissent à terre sur des coussins.
    « “Rosine, prenez ce poignard”, dit sévèrement le capitaine, “plongez-le dans le cœur de votre fils, que son père lui-même va tenir… — Non, barbare”, s’écria cette mère au désespoir, et elle se perçait si je n’eusse retenu son bras. “Ah ! garce, tu obéiras”, s’écrie Carle-Son furieux, et saisissant la main de sa femme, il conduit lui-même le poignard dans le sein de son fils. Clairwil, jalouse de voir qu’on procède sans elle au meurtre de ce jeune homme, elle qui ne respire que pour les meurtres masculins, saute sur un second poignard, et vient cribler ce malheureux de coups mille fois plus sanglants ; alors Rosine est couchée sur une banquette de bois, très étroite, et là Borchamps veut qu’Ernelinde ouvre, avec un scalpel, le ventre de sa mère ; l’enfant se refuse, on la menace : effrayée, meurtrie, excitée par l’espoir de sauver sa vie si elle consent, sa main, conduite par celle de Carle-Son, cède aux barbares impulsions qu’on lui donne. “Voilà où tu as reçu l’existence”, dit ce père cruel, dès que l’ouverture est faite, “il faut que tu rentres dans la matrice dont tu es sortie” ; on la garrotte, on la comprime tellement, qu’à force d’art, la voilà toute vive dans les flancs qui la lancèrent autrefois. “Pour celle-là”, dit le capitaine, en parlant de Christine, “il faut la lier sur le dos de sa mère ; voyez”, dit-il quand cela est fait, “s’il est possible de réduire trois femmes en un si petit volume ! — Et Francisque, dit Clairwil ! — On te le donne, répond Borchamps, va dans un coin l’expédier à ta guise… — Suis-moi, Juliette”, dit Clairwil en emmenant le jeune homme dans un cabinet voisin… et là, comme des bacchantes effrénées, nous faisons expirer ce malheureux jeune homme, dans tout ce que la férocité peut imaginer de plus cruel et de plus raffiné. Carle-Son et Borchamps nous trouvèrent si belles au sortir de là, que tous deux voulurent nous foutre ; mais la jalouse Borghèse s’écrie qu’il ne faut ni faire languir les victimes, ni retarder les plaisirs qu’on attend de leur supplice ; on revient à cette opinion, et comme il est tard, on décide que le souper sera servi en même temps. “En ce cas”, dit la Borghèse qui acquérait le droit d’ordonner, n’ayant point participé aux tourments de Francisque, “il faut placer ces victimes, droites sur la table ; le premier de nos plaisirs d’abord, se recevra de l’état où elles sont, qui je crois, est des plus violents ; le second, de l’effet des coups que nous leur porterons là. — Oui, qu’on les place, dit Clairwil ; mais je veux foutre avant que de souper. — Et avec qui, dis-je à mon amie, ils sont tous rendus. — Mon frère, reprend l’insatiable créature, fais-nous venir les dix plus beaux soldats de ta troupe, et donnons-nous-en comme des garces.” La troupe paraît ; Borghèse, Clairwil et moi, nous nous jetons en bravant les vits qui nous menacent, toutes trois à terre, sur des carreaux mis à dessein : Elise et Raimonde servent nos plaisirs. Sbrigani, le capitaine et Carle-Son s’enculent en nous regardant, et pendant quatre grandes heures, au bruit des lamentations de nos victimes, nous voilà toutes trois à foutre comme les plus grandes gueuses de l’univers : nos champions, rendus, sont congédiés. »

Informations sur l’image :
Auteur du cliché : Paris, Bibliothèque nationale de France
Traitement de l’image : Image Web
Localisation de la reproduction : http://gallica.bnf.fr
Reproduction interdite
Informations sur la notice :
Auteur de la notice : Stéphane Lojkine     Date de création : 23/11/2015
Auteur des modifications : Stéphane Lojkine     Date de Modification : 26/08/2016
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