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Remède imaginé par Bélisard pour guérir Circène (L’Astrée, 1733, 4.9) - Guélard
Remède imaginé par Bélisard pour guérir Circène (L’Astrée, 1733, 4.9) - Guélard Graveur : Guélard, Jean-Baptiste Antoine, grav. parisien actif 1730-1755

Cette notice fait partie d’une série : L’Astrée de M. d’Urfé, Paris, Pierre Witte & Didot, 1733, 5 vol. in-12 (pièce ou n° 45 / 60)

Datation : 1733

Source textuelle : L’Astrée, 4ème partie, 1627 Livre 9

Sujet de l’image : Fiction, 17e siècle

Objets indexés dans l’image :
Femme étendue sur un lit / Sol quadrillé

Nature de l’image : Gravure sur cuivre

Lieu de conservation : Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve, Y2-7044
Notice n° B5582   (n°1 sur 1) 
1. Inscriptions, signatures. 2. Historique, auteur, fabrication, commanditaires. 3. Variantes, œuvres en rapport :
1. Signé sous la gravure à droite « Guélard sc. »

Analyse de l’image :
    La servante de Circène tend à sa maîtresse une lettre d’amour d’Alcandre, que Bélisard, placé en retrait à gauche, prétend être un remède à sa maladie. Personne ne doit lire ce remède que la malade elle-même, sous peine d’attraper sa maladie.
   
   Histoire d’Alcandre, d’Amilcar, Circéne, Palinice et Florice
   L’histoire est racontée par Alcandre à Hylas.
   
   Alcandre aime Circéne mais se désespère et ne sait comment se déclarer. Son ami Belisard s’introduit auprès de Circène et prétend tout haut à Circéne qu’il est venu demander des nouvelles de sa santé pour Florice : c’est le motif qu’Andronire doit entendre. Tout bas cependant, Bélisard l’assure qu’il vient de la part d’Alcandre, et que celui-ci est amoureux d’elle. Circène lui réplique que tout le monde le sait, puis confesse à demi mot qu’Alcandre ne lui est pas indifférent. Bélisard s’assoit alors à une table et prend une plume pour griffoner. Circène qui va et vient dans la chambre pour donner le change à Andronire s’adresse à lui : « Que n’escrivez-vous quelque chose de bon et non pas brouiller seulement mon papier ? » Bélisard par badinage écrit un billet d’amour à Alcandre qu’il fait signer par Circène. Il remet le billet à Alcandre et lui raconte comment il l’a obtenu. Alcandre doit partir en voyage, mais voilà que Circène tombe malade. Alcandre commande à Bélisard de transmettre à Circène un billet et 11 stances « sur le desplaisir d’un depart ».
   
    « A la premiere occasion que se presenta, Belisard s’acquitta de sorte de la charge que je luy avois donnée, qu’il trompa les yeux, non seulement de Palinice et de Clorian, mais encore d’une surveillante qu’ils avoient mise auprés d’elle, estans entrez en quelque soupçon d’Andronire. »
   
   Bélisard gagne ensuite Andronice à ses desseins. Il s’introduit à nouveau dans la chambre de Circène et prétend lui proposer un remède à son mal. Il s’agit de lire des paroles magiques. C’est en fait une nouvelle lettre d’Alcandre.
   
    « – Pleust à Dieu, madame, dit-il alors froidement, que vous voulussiez faire une recepte que je vous dirois ! je jure Jupiter Pierre que vous seriez incontinent guerie. – Vous jurez à bon escient, interrompit cette fille. – Je jure, reprit Belisard, parce que je dis vray, et que je veux qu’elle me croye. – Si je pensois, respondit Circéne en sousriant, que vostre remede fust bon, pourquoy ferois-je difficulté de le faire ?
   Belisard qui desiroit se servir de ce pretexte pour luy donner ma lettre : Pouvez-vous dire, adjousta-t’il, de m’avoir jamais recognu menteur ou que je vous aye jamais trompée ? – Je ne dis pas cela, respondit-elle, mais je suis tellemnet lasse de ces mires qui me tourmentent avec leurs fascheues drogues, que si je croyois que votre recepte fust bonne, il est certain que je la ferois de bon cœur. – Madame, dit alors Belisard, j’ay juré Jupiter Pierre, je jure encore le Guy de l’an neuf, afin que vous receviez lequel des deux sermens, des Gaulois ou des Latins, vous penserez estre le plus asseuré. Que s’il vous plaist faire ma recepte, et de bon cœur, comme vous dites, infailliblement vous guerirez, et s’il n’advient ainsi, tenez-moy pour le plus athée qui fut jamais. Circéne cognut bien que cette recepte devoit estre plus propre pour l’esprit que pour le corps ; toutesfois estant bien aisé d’estre trompée, elle voulut bien luy en donner la commodité. Et faut-il, luy dit-elle, prendre quelque fascheux breuvage ? – Vous n’en prendrez point, respondit-il, s’il ne vous plaist, ce remede consiste presque tout en la force de quelques paroles. – C’est peut-estre, repliqua-t’elle, quelque enchantement ? – Nullement, reprit-il, je ne suis point sorcier ; les paroles se peuvent bien entendre, il n’y a point de caracteres incognus, ny chose quelconque qui approche du sortilege. – S’il est ainsi, dit alors Circéne, apres y avoir un peu songé, je vous promets, Belisard, que je la feray volontiers. Dites moy donc ce qu’il faut que je fasse ? – Ces receptes, reprit-il, doivent etsre tenues secrettes, et depuis qu’elles sont divulguées, elles perdent leur vertu.
   Et à ce mot s’approchant de Circéne, il se mit à genoux au chevet de son lict, et prenant la lettre que j’escrivois à cette belle dame, parlant tout haut : Afin, continua-t’il, que vous ne pensiez pas que je me mocque, celuy qui me la donna me l’escrivit dans ce papier que je vous veux faire voir. Et lors feignant de la chercher parmy plusieurs autres qu’il avoit dans sa poche, il luy donna ma lettre qu’à l’heure mesme il avoit decachetée, afin que la surveillante ne s’appeuceust de son artifice. Elle leut qu’elle estoit telle. »
   
   Bélisard sort encore une autre lettre… Mais Circène rechigne à recourir au remède de Bélisard. Voilà alors que la servante se range du côté de Bélisard : pourquoi sa maîtresse n’essaie-t-elle pas ce remède, les médecins n’ayant été guère efficaces jusqu’ici ?
   
    « Cette fille qui s’amusoit à quelque petit ouvrage qu’elle alloit cousant, s’approche alors de sa maistresse : Madame, dit-elle, il y a desja si long que vous estes entre les mains de ces mires, qu’il vous devroit estre ennuyeux, et ne faudroit pas pour peu de difficulté laisser d’eprouver la recepte de Belisard. Je vous supplie, dites-moy qu’y a-t’il de si difficile ? – Ma belle fille, interrompit Belisard, car il eut peur que Circéne ne sceut pas si bien desguiser que luy, je vous le veux dire. Voyez-vous ce billet, dit-il, prenant la lettre que j’avois escrite à Circéne, il faut qu’elle die trois fois apres l’avoir leu : je le crois de bon cœur, et qu’elle baise le papier, le plie bien avec de la soye, et le pendant à son col, elle fasse en sorte qu’il touche à l’endroit de cœur
   et qu’elle fasse ainsi neuf jours durant, et je veux n’estre jamais tenu pour Belisard si elle ne guerit. – Hé ! madame, s’escria alors cette fille, et qu’y a-t’il de tant difficile ? – M’amie, respondit-elle, il est mal aisé de faire tenir ce papier, comme il dit, au droit du cœur, et mesme en dormant. – Si est-ce, adjouta Belisard, qu’en cela gist sa plus grande force, et que personne ne lise le billet que vous ; car je vous asseure bien que celuy qui le verra, apres que vous aurez commencé cette recepte, prendra infailliblement le mal que vous avez, et il vous reviendra plus fort qu’auparavant. Et c’est bien pour cela que les neuf jours estans passez, il le faut brusler. – Voyez-vous, dit cette fille, tout le venin du mal s’en ira là dedans. – Il n’en faut point douter, dit Belisard, et vous verrez aussi quand on le bruslera, les diverses couleurs du feu. – Or madame, reprit-elle alors, il faut que nous essayons ce remede, et je veux moy-mesme vous accommoder ce papier au droit du cœur. – Laissez-le luy donc relire auparavant, luy dis-je, mais tournons les yeux d’un autre costé si nous ne voulons nous en repentir. Circéne à ce mot ne se pouvant tenir de rire de voir avec quelle diligence elle s’esoit esloignée, prit le papier, et apres l’avoir leu, le luy remit ; mais elle, plus soigneuse de ne le point lire, que Belisard ne pouvoit estre qu’elle ne le leust point, le plia de telle sorte, qu’il sembloit toute autre chose que ce qu’il estoit, et puis prenant de la soye, luy en mit tout autour, et avec un petit ruban le luy pendit au col, apres le luy avoir fait baiser et fait dire qu’elle croyoit tout ce qui y estoit escrit. Et parce que Belisard disoit qu’il falloit que ce fust au mesme lieu où le cœur battoit, elle voulut elle-mesme y mettre la main, pour remarquer bien l’endroit, mais Circéne qui rioit du grand soin qu’elle y mettoit, l’empeschoit de pouvoir bien sentir le battement du cœur : Madame, luy disoit-elle, vous n’estes pas bien sage ; voulez-vous me laisser faire comme il faut ? car je sçay bien que la moindre circonstance qui n’y sera pas observée, la recepte ne fera point d’effet. »

Informations sur l’image :
Auteur du cliché : Paris, Bibliothèque nationale de France
Traitement de l’image : Image Web
Localisation de la reproduction :
Reproduction interdite
Informations sur la notice :
Auteur de la notice : Stéphane Lojkine     Date de création : 18/12/2017
Auteur des modifications : Stéphane Lojkine     Date de Modification : 19/12/2017
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