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Alexis se révèle comme Céladon à Astrée (L’Astrée, 1733, V, 6) - Rigaud
Alexis se révèle comme Céladon à Astrée (L’Astrée, 1733, V, 6) - Rigaud Auteur : Rigaud, Jacques (vers 1681-1754)
Œuvre signée.

Cette notice fait partie d’une série : L’Astrée de M. d’Urfé, Paris, Pierre Witte & Didot, 1733, 5 vol. in-12 (pièce ou n° 54 / 60)

Datation : 1733

Source textuelle : Baro, Balthasar (1600-1650), secrétaire d’Honoré d’Urfé Astrée, conclusion et dernière partie (5e), livre 6

Sujet de l’image : Fiction, 17e siècle

Nature de l’image : Gravure sur cuivre

Lieu de conservation : Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve, Y2-7045
Notice n° B5591   (n°1 sur 1) 
1. Inscriptions, signatures. 2. Historique, auteur, fabrication, commanditaires. 3. Variantes, œuvres en rapport :
1. Signé sous la gravure à gauche « J. Rigaud. In. S. » (invenit et sculpsit).

Analyse de l’image :
    Astrée raconte comment Léonide, tenant le prétendu livre d’Adamas, a tracé un « cerne » autour d’Astrée et d’Alexis, promettant par là d’évoquer Céladon :
   
    « A ce mot me regardant d’un œil plus doux, et s’approchant de moy, avec une desmarche fort posée : J’ay veu, m’a-t’elle dit, Celadon, qui n’attend autre chose pour se presenter devant vous, que le commandement, sans lequel vous luy defendistes d’estre jamais si osé que de paroistre en vostre presence. Ne voulez-vous pas, a-t’elle continué, le luy ordonner ? – Je le veux, sage nymphe, luy ay-je respondu, pourveu que je sçache de quelle façon, ou en quels termes je le dois prononcer. – Pour vous delivrer de cette peine, a repris Leonide, il faut que vous redisiez ce que je diray. Alors ayant commencé tout haut à dire : Celadon, j’ay dit apres elle, Celadon, et ayant adjousté, je vous commande, j’ay dit aussi, je vous commande, de vous presenter à moy, a repris Leonide, et moy j’ay dit, de vous presenter à moy.
   A ce mot la nymphe me regardant, et puis Alexis : Qu’est-ce cecy, a-t’elle dit, belle Astrée, ne voyez-vous pas Celadon ? – Je ne voy rien encore, luy ay-je respondu, regardant autour de moy toute craintive, et j’ay bien peur que pour me punir de l’offense que je commis contre son amour, il me veuille priver de la joye que j’aurois de luy en pouvoir demander pardon. Alors j’ay jetté l’œil sur Alexis, et la voyant dans une frayeur extraordinaire : Peut-estre, ma maistresse, luy ay-je dit, vous le voyez ? – Helas ! m’a-t’elle respondu, je le voy vrayment, et je le touche, mais....
   A ce mot, la voix luy a failly, et Leonide prenant la parole : Mais a-t’elle continué, il est croyable, Astrée, que vous avez manqué en quelque chose, touchant ce commandement ; si ce n’est aux paroles, c’est peut-estre en la pensée ? – Je vous assure, belle nymphe, luy ay-je dit, que je ne croy pas avoir failly ny en l’un ny en l’autre. Alors m’ayant fait redire jusqu’à trois fois ces mesmes mots : Celadon mon fils, je vous commande sur peine de me desplaire, de vous presenter à moy.
   O dieux ! mes compagnes, que vous diray-je ? J’ay veu, chetive que je suis, Alexis ou plustost
   Celadon luy-mesme, prosterné à mes pieds, qui m’embrassant les genoux : Le voicy, m’a-t’il dit, mon bel Astre, ce fils que les eaux ont espargné, de peur d’esteindre une seule estincelle de ses flames. Moy qui croyois que ce fust encore Alexis : Ah, ma maistresse, luy ay-je dit, en l’embrassant, que vous estes cruelle de vous mocquer de moy ! – Belle Astrée, a repris Celadon, il n’est plus temps que je sois appellé vostre maistresse, j’ay trop de gloire à porter le nom de vostre tres-humble serviteur.
   Et pour marque, a-t’il adjousté qu’autrefois cette qualité m’a esté donné, voylà, a-t’il dit, mettant la main dans son sein, et tirant le mesme ruban qu’il m’arracha le jour qu’il se jetta dans Lignon, voylà le dernier tesmoignage de vostre colere, qui tient attachez ensemble, tous ceux que vous m’aviez donnez de vostre amitié. Alors ouvrant la boette, où est mon portraict, et me le presentant : Ne soyez pas ingratte, a-t’il adjousté, jusqu’au poinct de mescognoistre vostre visage, et si je suis si malheureux que de n’estre plus cognu de vous, pour le moins n’exercez pas cette rigueur sur vous-mesmes. A ce mot il s’est teu, et comme s’il eust fallu que son silence eust esté cause du mien, je suis demeurée sans pouvoir dire seulement une parole. – Vrayment, dit Phillis, en l’interrompant, c’est dequoy je ne m’estonne pas, car vous devez avoir esté bien surprise, puisqu’à vous ouyr seulement raconter cette avanture, je ne sçay moymesme si c’est un songe ou une verité. »

Informations sur l’image :
Auteur du cliché : Paris, Bibliothèque nationale de France
Traitement de l’image : Image Web
Localisation de la reproduction :
Reproduction interdite
Informations sur la notice :
Auteur de la notice : Stéphane Lojkine     Date de création : 19/12/2017
Auteur des modifications : Stéphane Lojkine     Date de Modification : 19/12/2017
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