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Un faux druide trompe Galathée, Silvie & Léonide (L’Astrée, 1733, I, 5)

Notice #012588

Image HD

Série de l'image :
L’Astrée de M. d’Urfé, Paris, Pierre Witte & Didot, 1733, 5 vol. in-12
Auteur(s) :
Rigaud, Jacques (vers 1681-1754)
Date :
1733
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Y2-7041
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :
Le faux druide Climanthe trompe Galathée, Silvie & Léonide. Son récit se trouve à la fin du livre V :
    « Or ces trois belles nymphes s’en revindrent vers moy, et me trouverent au devant de ma caverne, où je faisois une fosse pour le sacrifice, d’autant que soudain qu’elles avoient commencé de se r’habiller, je m’en estois revenu, et avois eu le loisir d’en faire une partie. Je la creusai d’une coudée et de quatre pieds en rond, puis j’allumay trois feux à l’entour, d’encens, d’ache, de pavot, et avec un encensoir, je parfumay le lieu trois fois en rond, et autant ma cabane, et puis je leur entournay le corps de verveine, et leur fis a chacune une couronne de pavot, et mis dans leur bouche du sel, que je leur fis mascher.
   Apres je pris trois genices noires, et les plus belles que j’eusse sceu choisir, et neuf brebis qui n’avoyent point esté cogneues du bellier, dont la laine noire et longue ressembloit à de la soye, tant elle estoit douce et deliée ; je conduisis ces animaux sans les frapper sur la fosse, où m’estant tourné du costé de l’occident, je les poussay sur le bord, de la main gauche, et de l’autre je prins le poil qui estoit entre les cornes, et le jettay dedans le creux, y respandant ensemble du laict, de la farine, du vin, et du miel. Et apres avoir appellé quatre fois Hecate, je mis le cousteau dans le cœur des animaux l’un apres l’autre, et en receus le sang dans une tasse, et puis r’appellant encore Hecate, je le laissay tomber peu à peu dedans. Lors me semblant qu’il ne restoit plus rien à faire, je me relevay sur le bout des pieds, et faisant comme le transporté, je dis aux nymphes : Voicy le dieu, il est temps. Et prenant Galathée par la main, nous entrasmes tous quatre dedans. Je m’estois rendu farouche, j’avois les yeux ouverts, et rouans dans la teste, la bouche entr’ouverte, l’estomach pantelant, et le corps comme tremoussant par le sainct enthousiasme. Estant pres de l’autel, je dis : O saincte deité, qui presides en ce lieu, donne moy que je puisse respondre à ceste nymphe avec verité, sur ce qu’elle m’a demandé. Le lieu estoit fort obscur, et n’y avoit clarté que celle que deux petits flambeaux donnoient, qui estoient allumez sur l’autel, et le jour qui estoit des-ja assez grand donnoit un peu de clarté à l’endroit où estoit le papier peint, afin qu’il se peust mieux representer dans le miroir. »
Annotations :
1. Gravure non signée. En haut à gauche, « I Part. 163. »
2. Avant la p. 163.