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Diane & Filandre devant le cavalier maure qu’il a tué (L’Astrée, 1733, I, 6)

Notice #012589

Image HD

Série de l'image :
L’Astrée de M. d’Urfé, Paris, Pierre Witte & Didot, 1733, 5 vol. in-12
Auteur(s) :
Rigaud, Jacques (vers 1681-1754)
Date :
1733
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Y2-7041
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :
L’épisode prend place à la fin du livre VI. Diane raconte l’aventure.
    Arrivée du cavalier Maure devant Diane endormie : « Il advint pour mon mal-heur, qu’un estranger passant par ceste contrée me vid endormie à la fontaine des Sicomores, où la fraischeur de l’ombrage, et le doux gazouillement de l’onde m’avoient sur le haut du jour assoupie. Luy que la beauté du lieu avoit attiré pour passer l’ardeur du midy, n’eut plustost jetté l’œil sur moy, qu’il y remarqua quelque chose qui luy pleut. Dieux ! quel homme, ou plustost quel monstre estoit ce ! »
    Fuite de Diane, Filidas s’interpose, perd un bras et la vie : « il sauta promptement sur son cheval, et à toute course, me suivoit, lors qu’estant presque hors d’haleine, la pauvre Filidas, qui assez pres de là entretenoit Filandre, qui nous estoit venu voir, et qui s’estoit endormy en luy parlant, ayant ouy ma voix, courut à moy, voyant que ce cruel me poursuivoit avec l’espée nue en la main, car la colere de sa cheute luy avoit effacé toute amour. Elle s’opposa genereusement à sa furie, me faisant paroistre par ce dernier acte, qu’elle m’avoit autant aimé que son sexe le luy permettoit, et d’abord luy prit la bride du cheval, dont ce barbare offensé, sans nul esgard de l’humanité, luy donna de l’espée sur le bras, de telle force qu’il le luy destacha du corps, et elle presque en mesme temps de douleur mourut, et tomba entre les pieds de son cheval, qui broncha si lourdement que son maistre eut assez d’affaire à s’en despestrer. »
    Filandre intervient et tue le cavalier de sa houlette : « Toutesfois se voyant le glaive de son ennemy si avant, sa naturelle generosité luy donna tant de force et de courage, qu’au lieu de reculer il s’avança, et s’enfonçant le fer dans l’estomach jusques aux gardes, il luy planta le bout ferré de sa houlette entre les deux yeux, si avant qu’il ne l’en peut plus retirer, qui fut cause que la luy laissant ainsi attachée, il le saisit à la gorge, et de mains et de dents paracheva de le tuer. »
    Diane se retourne dans sa fuite et remarque que Filandre est blessé : « Mais, helas ! quand je [le] veis blessé si dangereusement, oubliant toute sorte de crainte, je m’arrestay ; mais, quand il tomba, la frayeur de la mort ne me peut empescher de courre vers luy, at aussi morte presque que luy, je me jettay en terre, l’appellant toute esplorée par son nom. Il avoit desjà perdu beau- coup de sang, et en perdoit à toute heure d’avantage par les deux costez de sa playe.
 Et voyez quelle force a une amitié ! moy qui ne sçaurois voir du sang sans m’esvanouir, j’eus bien alors le courage de luy mettre mon mouchoir contre sa blessure, pour empescher le cours du sang, et rompant mon voile, luy en mettre autant de l’autre costé. Ce petit soulagement luy servit de quelque chose, car luy ayant mis la teste en mon giron, il ouvrit les yeux, et reprit la parole. »
   
Annotations :
1. La gravure n’est pas signée.
En haut à droite « I. Part. 212. »
2. Après la p. 212.