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Fleurial introduit Lindamor aux pieds de Léonide (L’Astrée, 1733, I, 9)

Notice #012598

Image HD

Série de l'image :
L’Astrée de M. d’Urfé, Paris, Pierre Witte & Didot, 1733, 5 vol. in-12
Auteur(s) :
Rigaud, Jacques (vers 1681-1754)
Date :
1733
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Y2-7041
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :
Galathée se tient à gauche, prête à intervenir contre cet éranger surgi de la nuit. Fleurial s’est retiré au fond à droite pour laisser le champ libre àson cousin.
    « La nuit étant venue, et chacun retiré, la Nymphe [=Léonide] ne faillit à se rhabiller, mais seulement avec une robe de nuit, et me faisant ouvrir la première porte, elle me fit passer devant ; et vous jure qu’elle tremblait de sorte qu’à peine pouvait-elle marcher. Elle disait qu’elle ressentait un certain élancement en l’estomac, qu’elle n’avait point accoutumé, qui lui ôtait toute force, qu’elle ne savait si c’était pour se voir ainsi de nuit sans lumière, ou pour sortir à heure indue, ou pour appréhender le présent de Lindamor, mais, quoi que ce fût, elle n’était pas bien à elle. Enfin, s’étant un peu rassurée, nous descendîmes du tout en bas, où nous n’eûmes pas si tôt ouvert la porte que nous trouvâmes Fleurial qui nous attendait il y avait longtemps. La Nymphe passa alors devant, et allant sous une tonne de jasmins, qui par son épaisseur la pouvait garantir et des rais de la Lune et d’être vue des fenêtres du corps de logis qui répondait sur le jardin. Elle commença toute en colère à dire à Fleurial : - Et bien, Fleurial, depuis quand êtes-vous devenu si ferme en vos opinions que quoi que je vous commande, vous n’en vouliez rien faire ? - Madame, répondit-il sans s’étonner, ç’a été pour vous obéir que j’ai failli en ceci, s’il y a de la faute : car ne m’avez-vous pas commandé très expressément que je fisse tout ce que Lindamor m’ordonnerait ? Or, Madame, c’est lui que me l’a ainsi commandé, et qui, me remettant son cœur, me fit, outre son commandement, encore obliger par serment que je ne le remettrais entre autres mains qu’aux vôtres. - Et bien, bien, interrompit-elle en soupirant, où est ce cœur ? - Le voici, Madame, dit-il, reculant trois ou quatre pas vers un petit cabinet, s’il vous plaît d’y venir, vous le verrez mieux que là où vous êtes. Elle se leva et s’y en vint, mais à même temps qu’elle voulut entrer dedans, voilà un homme qui se jette à ses pieds et, sans lui dire autre chose, lui baise la robe. – Ô Dieux ! dit la Nymphe, qu’est ceci ? Fleurial, voici un homme ! – Madame, dit Fleurial en souriant, c’est un cœur qui est à vous. – Comment ? dit-elle, un cœur ? Et lors, de peur, elle voulut fuir, mais celui qui lui baisait la robe la retint. Oyant ces paroles, je m’approchai, et connus incontinent que c’était celui que Fleurial disait être son cousin. Je ne sus soudainement que penser ; je voyais Galathée et moi entre les mains de ces deux hommes, l’un desquels nous était inconnu. »
Annotations :
1. La gravure n’est pas signée. En haut à gauche : « I. Part. 375. »
2. Avant la p. 375.