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Silvandre surprend Céladon et Adamas (L’Astrée, 1733, II, 2) - Gravelot

Notice #012621

Image HD

Série de l'image :
L’Astrée de M. d’Urfé, Paris, Pierre Witte & Didot, 1733, 5 vol. in-12
Auteur(s) :
Guélard, Jean-Baptiste Antoine, grav. parisien actif 1730-1755
Gravelot, Hubert-François Bourgignon dit (1699-1773)
Date :
1733
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Y2-7042
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :
Silvandre se promène seul de nuit dans la forêt :
   
    « Le lieu solitaire, le silence, et l’agreable lumiere de ceste nuict, eussent esté cause que le Berger eut longuement continué, et son promenoir, et le doux entretien de ses pensees, sans que s’estant enfoncé dans le plus espais du bois, il perdit en partie la clarté de la Lune qui estoit empeschee par les branches, et par les fueilles des arbres, et que, revenant en luy mesme, voulant sortir de cet endroict incommode, il n’eust pas si tost jetté les yeux d’un costé et d’autre pour choisir un bon sentier, qu’il ouït quelqu’un qui parloit aupres de luy. Encor qu’il s’entretint en ce lieu separé de chacun pour estre tout à luy-mesme, si ne laissa t’-il d’avoir la curiosité de sçavoir qui estoient ceux qui comme luy passoient les nuits sans dormir, s’asseurant bien qu’il faloit que ce fust quelqu’un atteint de mesme mal qu’il estoit »
   
   Silvandre ne reconnaît pas Céladon et Adamas, mais entend distinctement leur conversation :
   
    « il tourna ses pas du costé où il oyoit parler, et se laissant conduire par la voix à travers les arbres et les ronces qui s’espessissoient davantage en ce lieu, il ne se fut advancé quinze ou vingt pas qu’il se trouva dans le plus obscur du bois assez prés de deux hommes, qu’il luy fut impossible de recognoistre, tant pour l’obscurité du lieu, que pour ce qu’ils avoient le dos tourné contre luy. Il vit bien toutesfois à leurs habits, que l’un estoit Druide, et l’autre Berger. Ils estoient assis soubs un arbre qui abreuvoit ses racines dans la claire onde d’une fontaine, de qui le doux murmure et la frescheur les avoit conviez à passer en ce lieu une partie de la nuict. Et lors que Silvandre estoit plus desireux de les cognoistre, il ouyt que l’un d’eux respondoit à l’autre de ceste sorte : – Mais, mon pere, c’est une chose estrange, et que je ne puis assez admirer, que celle que vous me dittes de ceste beauté : puis que selon vostre discours, il faudroit advoüer qu’il y en a d’autres beaucoup plus parfaictes que celle de ma Maistresse : ce que je ne puis croire sans l’offenser infiniment. Car s’il estoit vray, il faudroit de mesme dire que la sienne ne seroit pas accomplie, puis qu’on ne doit tenir pour telle la beauté qui est moindre que quelque autre : crime ce semble de leze Majesté, soit contre ma Maistresse, soit contre l’Amour. »
Annotations :
1. Signé sous la gravure à gauche « Guélard Sculp. », à droite « Gravelot inv. ».
Au-dessus de l’image à droite « II. Part. 46. »
2. Après la p. 46.