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Les Hommes-taureaux (Rétif, Découverte australe, 1781)

Notice #012752

Image HD

Série de l'image :
Rétif de la Bretonne, La Découverte australe par un homme volant, 1781
Auteur(s) :
Binet, Louis (1744-1800)
Date :
1781
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre, taille-douce (au burin)
Sujet de l'image :
Fiction, 18e siècle
Lieu de conservation :
Troyes, Médiathèque du Grand Troyes
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
DG 10149
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :
« Ils furent réveillés dès l’aurore par un beuglement épouvantable. Ils regardèrent autour d’eux, et ils virent des espèces d’hommes cueillant et broutant l’herbe, qui s’appelaient les uns les autres. Ils étaient couverts d’un poil fauve, avaient une grande queue, et surtout leur front était orné de belles et fortes cornes, très longues, droites, lisses et luisantes. [...] Les hommes-taureaux venaient d’apercevoir les trois voyageurs, et ils les contemplaient avec étonnement, mais sans effroi. Ils parurent ensuite se consulter, sans parler ni mugir, et seulement par leurs regards. Après un moment de cette délibération muette, ils mirent sur une première ligne les mâles les mieux cornus et les plus vigoureux, derrière lesquels il se forma une seconde ligne ; puis une autre ; enfin la quatrième et les deux suivantes furent composées des femmes et des filles-génisses, qu’on reconnaissait facilement à la délicatesse de leurs cornes couleur de chair fort agréable, au lieu que celles des hommes étaient couleur de marron, et un peu noires par le bout. Toute la troupe forma donc un cercle épais autour des trois hommes-volants pour les environner, et s’avança en rétrécissant le cercle et en serrant davantage chaque homme-taureau l’un contre l’autre. Quand ils furent à vingt pas, on n e vit qu’une forêt de cornes extrêmement pressées. [...] Alexandre s’avança, ayant à la main du pain de froment et quelques beaux fruits. Les hommes-cornus l’attendirent ; les femmes surtout, le voyant approcher, vinrent au premier rang et le regardaient de tous leurs yeux. Il fut très bien reçu. Il fit les présents aux principaux, et réserva un morceau de pain et une belle panate (c’est le nom du fruit-à-pain) pour la plus jolie et la plus apparente des filles-génisses* qui s’étaient avancées fort près de lui. Il lui offrit ces présents avec beaucoup de grâce. La fille rougit jusqu’au bout des cornes et parut intimidée, mais voyant l’air affectueux de l’homme sans cornes, elle reçut son présent dont elle goûta sur-le-champ et alla partager le reste à ses compagnes. Dès qu’Alexandre eut fait son présent, tous les hommes-taureaux mugirent, mais c’était d’applaudissement, car un vieillard, dont les cornes avaient cinq pieds de haut, qui paraissait le père de la jeune fille-génisse, sortit de la foule et vint présenter la main au jeune homme-volant. »
Annotations :
1. Au-dessus de l’iùage, à gauche : « IIe Vol. 300. »
Titre sous l’image : « Les Hommes-taureaux »
Légende en note sur la page de gauche : « (*) 9.me Estampe : Une Femme-genisse recevant des provisions que lui donne Alexandre, tandis qu’un homme-taureau les regarde fièrement tous-deux. »
(Le texte porte par erreur 9e pour 10e.)