Aller au contenu principal
Les Hommes-chevaux (Rétif, Découverte australe, 1781)

Notice #012756

Image HD

Série de l'image :
Rétif de la Bretonne, La Découverte australe par un homme volant, 1781
Auteur(s) :
Binet, Louis (1744-1800)
1781
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre, taille-douce (au burin)
Sujet de l'image :
Fiction, 18e siècle
Lieu de conservation :
Troyes, Médiathèque du Grand Troyes
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
DG 10149
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :
« Au sud-ouest de l’île moutonne, [Alexandre] trouva une belle île, coupée de vallées et de collines verdoyantes, dont le terrain était gras et fertile ; les pâturages y paraissaient excellents. Alexandre avait avec lui Hermantin son fils aîné, et le jeune Dagobert, l’aîné de ses neveux, tous deux issus de mères patagones, et par conséquent d’une force supérieure aux Européens. [...] Ils entendirent autour d’eux une marche, qui ressemblait assez à celle d’une armée. Ils se tinrent aussitôt sur leurs gardes : Hermantin s’éleva même de quelques vingt-cinq pieds pour découvrir d’où venait ce bruit. Il aperçut une belle troupe de cavaliers, qui courait en bondissant, et dont les chevaux hennissaient d’une manière fort extraordinaire, mais assez agréable. Frappé de ce spectacle, il en avertit son père et son cousin. Tous trois s’élevèrent en l’air et volèrent du côté des cavaliers, qui étaient à environ un quart de lieue. Mais en s’approchant, ils s’aperçurent que ce qu’ils avaient pris pour des cavaliers montés sur des chevaux * n’était autre chose qu’une sorte d’animal, marchant sur deux pieds, et quelques fois à quatre, qui portait sur le col une sorte de crinière de cheval, avait une tête allongée, mais plus humaine que chevaline, et dont le bout des pieds avait un sabot comme les chevaux, quoique les mains ressemblassent assez aux pattes d’un ours. Tous ces êtres se divertissaient sur la pelouse, vers l’heure du coucher du soleil, et surtout faisaient l’amour d’une manière qui tenait beaucoup plus du cheval que de l’homme ; car il n’y avait là ni pudeur, ni modestie. [...] Les filles-juments fuyaient ; les hommes-chevaux les poursuivaient, les assaillaient [...] La publique joie fut troublée par les hommes-volants, qui se montrèrent tout à coup au-dessus de la troupe. Dès qu’ils en furent aperçus, un vieux homme-cheval poussa le hennissement de l’effroi. Aussitôt toutes les femmes s’enfuirent dans le bois voisin ; les seuls mâles restèrent. »
Annotations :
1. Au-dessus de l’image à gauche : « II.e Vol. 350. »
Titre sous l’image : « Les Hommes-chevaux »
Légende en note sur la page de gauche : « (*) 14.me Estampe : Un Homme-cheval poursuivant une Fille-jument, à laquelle il veut marquer son amour. Elle fuit en riant du côté d’un bois. On voit dans le lointain des hommes-chevaux qui se divertissent avec leurs Compagnes, et sur cette Troupe joyeuse, les 3 Volans. »