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Les Hommes-ânes (Rétif, Découverte australe, 1781)

Notice #012757

Image HD

Série de l'image :
Rétif de la Bretonne, La Découverte australe par un homme volant, 1781
Auteur(s) :
Binet, Louis (1744-1800)
Date :
1781
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre, taille-douce (au burin)
Sujet de l'image :
Fiction, 18e siècle
Lieu de conservation :
Troyes, Médiathèque du Grand Troyes
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
DG 10149
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :
« Ils trouvèrent bientôt une île nouvelle, sous la même latitude que l’île chevale, mais beaucoup moins favorisée de la nature : les chardons y croissaient sur un sol aride ; il y avait aussi une sorte de vigne, qui portait de fort petits raisins. On pouvait à peine la traverser, à cause des plantes sarmenteuses qui embarrassaient les endroits maigres. Tandis que les trois volants examinaient cette nouvelle terre, ils entendirent à quelques pas d’eux une conversation tout à fait originale. Je ne vous en rapporterai que le commencement [...] –Hhîhhhouh ; hhânh, hhânhh ! –Hhinnh ! hhouih ! hhânh-hhîh. –Hrrhh ! hhîh hhôuh hhîh hhouih hhouhîmh hhâimhh ! hhi ! hihinnhinh-hhîh !, etc. Hermantin, fut curieux de voir les personnages qui parlaient ce langage agreste et peu poli. Un coup de parasol l’éleva de dix pieds ; il plana sur les buissons et vit, derrière un hallier de ceps et de ronces, deux êtres, dont l’un parlait à l’autre un langage encore plus éloquent. La jeune femelle, dont le figure tenait de l’ânesse et de la femme, cueillait des chardons fort tendres, qu’elle mêlait avec des jets nouveaux de vigne sauvage ; tandis que le jeune homme-âne, son amant, employait pour la déterminer à le satisfaire le double langage dont j’ai parlé. [...]Des paroles, cet amant pressant allait sans doute aller aux effets-car il était fort ardent- et sa maîtresse souriait, lorsque celle-ci, comme toutes les femmes en cas pareil jeta un coup d’œil pour être sûre qu’elle n’était point vue. Elle aperçut le jeune Hermantin, qui regardait par-dessus les arbustes*. Effrayée, elle fit un bond, une pétarade, et s’enfuit. Le jeune homme-âne, plus courageux, resta, les yeux fixés sur le gros oiseaux. Hermantin lui fit des signes et se mit à braire de son mieux. Ce qui fit sourire l’homme-âne, apparemment parce qu’Hermantin écorchait la langue, au lieu de la parler. En même temps Alexandre et son neveu Dagobert s’approchèrent ; ils saisirent le jeune homme-âne, tandis qu’il était occupé d’Hermantin, mais ils ne le retinrent que pour lui faire de bons traitements. Tandis qu’ils le tenaient, son amante revint timidement, et elle regarda entre les branches des arbrisseaux. Hermantin qui l’aperçut, l’alla surprendre, et malgré ses efforts pour s’échapper, il l’amena auprès de son amant. »
Annotations :
1. Au-dessus de l’image à gauche : « II.e Vol. 356 »
Titre sous l’image : « Les Hommes-anes »
Légende en note sur la page de gauche : « (*) 15.me Estampe : Un jeune homme-âne exprimant sa tendresse à une jeune personne de son espèce. Ils sont vus par Hermantin. Le galant dit à sa maîtresse : “Hhîh hhouh ; hhânh, hhânh” ! »