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La chaumière ou La mère qui surprend sa fille sur une botte de paille - Baudouin

Notice #013029

Image HD

Série de l'image :
Paris, Salon de 1765
Auteur(s) :
Baudouin, Pierre-Antoine (1723-1769)
1767
Nature de l'image :
Gouache
Sujet de l'image :
Sujet de genre. Scène d’intérieur
Lieu de conservation :
Commerce d’art
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :
«  4. La Chaumière
    A droite, grande porte de grange. Au-dessus, poutres, chevrons, espèce de fabrique où voltigent des pigeons. Au bas, escalier d’où l’on descend dans la chaumière. Autour de cet escalier, sur le devant, une chèvre et des ustensiles de ménage champêtre. Au centre de la toile et du tableau, une vieille, le dos courbé, le visage allumé de colère, les poings sur les côtés, gourmandant sa fille étendue sur une botte de paille qu’elle partage avec un jeune paysan. Pauvre lit ! mais que je troquerais bien pour le mien ; car la fille est jolie. Elle n’y gagnerait pas. Son ajustement n’a pas le sens commun ; son élégance jure avec le lieu et la condition des personnages. Les bottes de paille, ce rustique théâtre du plaisir, est au pied des murs de quelques étables dont la couverture descend en pente, du fond, vers le devant. Tout à fait à gauche, espèce de retraite ou d’enfoncement où l’on a placé des outils de laboureur.
    Je reviens sur mon premier jugement. Tout ceci, bien peint, mais très bien peint, n’est qu’un amas de contradiction. Point de vérité. Point de vrai goût. Je suis révolté de la bassesse de cette vieille, de ces bottes de paille, de cette écurie, et de cette élégante et de cet élégant qui la caresse. C’est du Fontenelle brouillé avec du Théocrite. C’est la composition d’une tête faible, étroite et déréglée. Baudouin transportera la fausse gentillesse de son beau-père dont il est épris, les grâces de Boucher, dans une grange, dans une cave, dans une prison, dans un cachot. Il fourrera partout la petite maison et le boudoir. Il n’entend rien à la convenance. Il ne sait pas qu’il faut que tout tienne. Il ignore ce que les autres savent sans l’avoir appris et pratiquent de jugement naturel et d’instinct. Ce tact lui manque, et j’en suis fâché.  » (Diderot, Salon de 1767, CFL  VII  231-2)