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Juliette offre à St-Fond les victimes de son injustice (Juliette, II, fig. 13)

Notice #014567

Image HD

Série de l'image :
Histoire de Juliette (tomes 5 à 10 de La Nlle Justine), 1797 [1801]
Auteur(s) :
Bornet, Claude, peintre et graveur du XVIIIe siècle
Entre 1797 et 1801
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 18e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Enfer 2507 (6)
Traitement de l'image :
Image web
Localisation de la reproduction :
https://gallica.bnf.fr

Analyse

Analyse de l'image :
« Nous en étions là lorsqu’une vieile pauvrese nous aborde, pour nous demander l’aumône. Comment se fait-il, dit Sait-Fond surpris, qu’on ait laissé entrer cette femme ; et le ministre me voyant sourire, entendit aussitôt la plaisanterie… Ah ! friponne, me dit-il, c’est délicieux. Eh bien  ! que voulez-vous, continua-t-il, en approchant cette vieille ? Hélas ! quelques charités, monseigneur, répondit l’infortunée. Vene, venez voir ma misère ; et, prenant la main du ministre, elle le conduisit dans une mauvaise petite baraque, éclairée d’une lampe qui pendait au plafond, et dans laquelle deux enfants, l’un mâle, l’autre femelle, et d ehuit à dix ans au plus reposaient nus sur un peu de paille. Vous voyez cette triste famille, nous dit la pauvresse, il y a trois jours que je n’ai un morceau de pain à leur donner ; daignez, vous que l’on dit si riche, me mettre à même de soutenir leur triste vie… Oh, monseigneur ! qui que vous soyez, connaissez-vous M. de Saint-Fond ? — Oui, répondit le ministre. — Eh bien ! vous voyez son ouvrage : il a a fait enfermer mon mari ; il nous a pris le peu d ebien dont nous jouissions ; tel est l’état cruel où il nous réduit depuis plus d’un an… Et voilà, mes amis, le grand mérite que j’avais à cette scène ; c’est que tout en était exactement vrai : j’avais découvert ces tristes victimes de l’injustice et de la rapacité de Saint-Fond, et je les lui offrais réellement, pour réveiller sa méchanceté… Ah, gueuse ! s’écria le ministre, en fixant cette femme, oui, oui, je le connais, et tu dois bien me connaître aussi… Oh, Juliette, vous tenez, par cette adroite scène, mon âme dans un état… Eh bien ! qu’avez-vous à me reprocher ? J’ai fait enfermer votre époux innocent, cela est vrai ; j’ai mieux fait encore, car il n’existe plus… Vous m’avez échappé ; je voulais vous traiter de même. — Quel mal avions-nous commis ? — Celui d’avoir un bien, à ma porte, que vous ne vouliez pas me vendre ; en vous accablant, je l’ai eu… Vous mourez de faim, que cela me fait-il ? — Et ces malheureux enfants ? — Il y en a dix millions de trop en France : c’est rendre service à la société, que d’élaguer tout cela : et les retournant avec son pied… La belle graine à recueillir ! Le scélérat, alors, que tout cela faisait extraordinairement bander, saisit le petit garçon et l’encule ; puis s’emparant de la petite fille, il la traite de la même manière : Vieille garce, dit-il alors, montre-moi tes fesses ridées, j’ai besoin de les voir pour déterminer une décharge. La vieille pleure et résiste : j’aide les projets de Saint-Fond. Après avoir accablé d’outrages ce malheureux cul, le libertin l’enfile, ayant sous ses pieds les deux enfants, qu’il écrase en déchargeant dans le cul d eleur mère, dont il brûle la cervelle au moment de sa crise ; et nous quittons cet infortuné réduit, toujours avec la petite victime de quatorze ans, dont il avait baisé les fesses pendant l’opération. »
   
   La fillette est représentée deux fois sur la gravure, d’abord au sol écrasée par Saint-Fond, puis en haut de la pyramide.
Annotations :
1. Au-dessus de la gravure à gauche « T. VI. », à droite « P. 59. »