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Les Deux mulets (Fables de La Fontaine, Barbin, 1668) - Chauveau

Notice #001580

Image HD

Série de l'image :
Fables choisies mises en vers par M. de La Fontaine, in-4°, Denys Thierry, 1668
Auteur(s) :
Chauveau, François (1613-1676)
1668
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Versailles, Bibliothèque municipale centrale
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Rés. Lebaudy in-4 32
Traitement de l'image :
Photo numérique
N° de commande :
Localisation de la reproduction :
Collection particulière

Analyse

Analyse de l'image :
Au premier plan les deux mulets constituent l’espace restreint, ou espace de la scène proprement dite, délimité derrière eux par la bordure du chemin creux. Le mulet du fisc est à terre et se lamente car il vient de se faire voler l’argent de la gabelle par l’ennemi, qui dans le feu de l’action l’a roué de coups. Le mulet du meunier redresse au contraire fièrement la tête et lui adresse la morale de la fable :
    « Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut emploi :
   Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi,
   Tu ne serais pas si malade. »
   A l’arrière-plan, on distingue à gauche les soldats arme au poing s’éloignant sur le chemin. L’espace vague ne désigne pas tant ici un autre lieu qu’un autre moment du récit : le moment précédent de l’assaut de la soldatesque, que commente au premier plan l’âne du meunier.
   L’articulation entre les deux protagonistes de l’espace restreint se fait par différence : par le jeu différentiel entre l’âne batonné à terre à gauche et l’âne triomphant à droite.
   
   Le texte de la fable :
   Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé ;
   L’autre portant l’argent de la gabelle.
   Celui-ci, glorieux d’une charge si belle,
   N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé.
   Il marchait d’un pas relevé,
   Et faisait sonner sa sonnette ;
   Quand, l’ennemi se présentant,
   Comme il en voulait à l’argent,
   Sur le Mulet du fisc une troupe se jette,
   Le saisit au frein, et l’arrête.
   Le Mulet, en se défendant,
   Se sent percé de coups, il gémit, il soupire :
   Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ?
   Ce Mulet qui me suit du danger se retire ;
   Et moi j’y tombe, et je péris.
   Ami, lui dit son camarade,
   Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut emploi :
   Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi,
   Tu ne serais pas si malade.
Annotations :
1. Signé « F. C. » en bas au centre.
2. Livre I, Fable 4.