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Le Loup et le chien (Fables de La Fontaine, Barbin, 1668) - Chauveau

Notice #005503

Image HD

Série de l'image :
Fables choisies mises en vers par M. de La Fontaine, in-4°, Denys Thierry, 1668
Auteur(s) :
Chauveau, François (1613-1676)
1668
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Versailles, Bibliothèque municipale centrale
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Rés. Lebaudy in-4 32
Traitement de l'image :
Photo numérique
N° de commande :
Localisation de la reproduction :
Collection particulière

Analyse

Analyse de l'image :
A droite, le chien gras et poli, mais dont le col est pelé ; à gauche, le loup maigre. Le moment choisi par Chauveau n’est pas celui initial de la rencontre, mais celui, final, où le loup se retourne vers le chien, remarque son col pelé et fronce les sourcils. Le chien lui répond alors décontenancé. La maison des maîtres du chien occupe l’arrière-plan.
   
   Texte de la fable :
   Un Loup n’avait que les os et la peau ;
   Tant les Chiens faisaient bonne garde.
   Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
   Gras, poli, qui s’était fourvoyé par mégarde.
   L’attaquer, le mettre en quartiers,
   Sire Loup l’eût fait volontiers.
   Mais il fallait livrer bataille
   Et le Mâtin était de taille
   A se défendre hardiment.
   Le Loup donc l’aborde humblement,
   Entre en propos, et lui fait compliment
   Sur son embonpoint, qu’il admire.
   Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
   D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
   Quittez les bois, vous ferez bien :
   Vos pareils y sont misérables,
   Cancres, haires, et pauvres diables,
   Dont la condition est de mourir de faim.
   Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée.
   Tout à la pointe de l’épée.
   Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
   Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
   Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
   Portants bâtons, et mendiants ;
   Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
   Moyennant quoi votre salaire
   Sera force reliefs de toutes les façons :
   Os de poulets, os de pigeons,
   Sans parler de mainte caresse.
   Le loup déjà se forge une félicité
   Qui le fait pleurer de tendresse.
   Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
   Qu’est-ce là  ? lui dit-il.  Rien.  Quoi ? rien ? Peu de chose.
   Mais encor ?  Le collier dont je suis attaché
   De ce que vous voyez est peut-être la cause.
   Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
   Où vous voulez ?  Pas toujours, mais qu’importe ?
   Il importe si bien, que de tous vos repas
   Je ne veux en aucune sorte,
   Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
   Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.
Annotations :
1. Signé en bas au centre « F. C. »
2. Livre I, Fable 5.