Aller au contenu principal
Le Rat de ville & le rat des champs (Fables de La Fontaine, 1668) - Chauveau

Notice #001581

Image HD

Série de l'image :
Fables choisies mises en vers par M. de La Fontaine, in-4°, Denys Thierry, 1668
Auteur(s) :
Chauveau, François (1613-1676)
Date :
1668
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Versailles, Bibliothèque municipale centrale
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Rés. Lebaudy in-4 32
Traitement de l'image :
Photo numérique
N° de commande :
Localisation de la reproduction :
Collection particulière

Analyse

Analyse de l'image :
    Au premier plan à droite, les deux rats dégustant les « reliefs d’ortolans » constituent l’espace restreint, ou la scène proprement dite. L’espace restreint est délimité par le riche « tapis de Turquie » qui recouvre la table et abrite les rats du regard éventuel de celui qui franchit « la porte de la salle ».    L’espace vague est constitué par le reste de la salle et, derrière la porte ouverte, la suggestion d’un dehors. L’espace vague est l’espace du réel, de la circonstance qui vient interrompre le festin et va déclencher l’action théâtrale, le dialogue des deux rats.    Le regard virtuel du valet pénétrant dans la salle fait effraction à l’espace restreint, qu’il dérange et en même temps constitue.    La table, curieusement, n’est pas chargée de victuailles, mais des éléments d’une Vanité : mandoline et livres signifient la moralité de la fable, la vanité du luxe. Mais plus profondément, l’écran que constitue la table, interposée entre l’espace restreint et l’espace vague, porte les attributs de la mort, rappelant que toute jouissance esthétique passe par une expérience, par le regard, de néantisation.
   
   Texte de la fable :
   Autrefois le Rat de ville
   Invita le Rat des champs,
   D’une façon fort civile,
   A des reliefs d’ortolans.
   
   Sur un tapis de Turquie
   Le couvert se trouva mis :
   Je laisse à penser la vie
   Que firent ces deux amis.
   
   Le régal fut fort honnête,
   Rien ne manquait au festin ;
   Mais quelqu’un troubla la fête,
   Pendant qu’ils étaient en train.
   
   A la porte de la salle
   Ils entendirent du bruit ;
   Le Rat de ville détale, 
   Son camarade le suit.
   
   Le bruit cesse, on se retire :
   Rats en campagne aussitôt ;
   Et le Citadin de dire :
   Achevons tout notre rôt.
   
   C’est assez, dit le Rustique ;
   Demain vous viendrez chez moi.
   Ce n’est pas que je me pique
   De tous vos festins de roi ;
   
   Mais rien ne vient m’interrompre ;
   Je mange tout à loisir.
   Adieu donc ; fi du plaisir
   Que la crainte peut corrompre !
Annotations :
1. Signé en bas à gauche « F. C. »
2. Livre I, Fable 9.