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Un chevalier au secours de Thersandre (L’Astrée, 1733, II, 6) - Guélard

Notice #016236

Image HD

Série de l'image :
L’Astrée de M. d’Urfé, Paris, Pierre Witte & Didot, 1733, 5 vol. in-12
Auteur(s) :
Guélard, Jean-Baptiste Antoine, grav. parisien actif 1730-1755
Date :
1733
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Y2-7042
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :
Le 6e livre de la IIe partie débute par l’Histoire de Damon et de Madonthe, racontée par cette dernière. C’est cette histoire qui est illustrée ici.
   
   Un différend oppose Madonthe et Lériane, chacune est sommée par le roi de se trouver un ou des champions :
   
    « Mais lors que Leriane offrit Leotaris et son frere, et que Thersandre ny moy ne peusmes nommer personne : tant parce que nous ne nous y estions point preparez, que d’autant qu’il n’y avoit homme qui voulut entrer au combat sur une mauvaise querelle, comme il croyoit celle-cy : il faut avoüer que je demeuray fort estonnee, et qu’alors plus que jamais je regrettay le pauvre Damon m’asseurant bien que s’il eust esté en vie je n’eusse pas esté sans Chevalier. Thersandre d’autre costé qui ne pouvoit deffendre que sa cause ne peut offrir que de combattre Leotaris, et son frere l’un apres l’autre.
   Mais le terme estant passé, le Roy pour nous faire quelque grace nous donna encores huict jours, et ceux là estant escoulez, il en adjousta pour tout delay trois autres, à la fin desquels nous fusmes conduits dans le camp, moy toute vestuë de dueil, et sans autre compagnie que celle des gens de Justice, au contraire Leriane toute triomphante et accompagnee de plusieurs, fut mise sur un autre eschafaut, vis à vis de celuy où j’estois. Desja Leotaris et son frere estoient dans le camp armez, et montez à l’advantage, faisant d’autant plus les vaillans qu’ils croioient n’avoir à combattre que Thersandre, parce que nous n’avions peu trouver autre que luy ».
   
   Le combat judiciaire s’engage. Thersandre commence par tomber de cheval, tout semble perdu pour lui. Mais il desselle son cheval, le relève, et le cheval combat pour lui Léotaris et son frère. Les deux frères descendent de cheval et poursuivent Thersandre. Alors que Thersandre semblait perdu, coup de théâtre : un autre chevalier survient à son secours.
   
   Sur la gravure, Thersandre au premier plan à gauche, son cheval mort à ses pieds, assiste à la victoire de ce chevalier, qui après avoir décapité le frère de Léotaris désarçonne ce dernier. Il y a deux tribunes de spectateurs, une pour Madonte en haut à gauche, et une pour Lériane et ses nombreux partisans au fod à droite.
   
    « Et ce qui le fit cognoistre à tous ceux qui les regardoient, ce fut un coup qu’il donna au frere de Leotaris d’une telle force qu’il luy separa la teste de dessus les espaules. Leotaris voulut venger son frere : mais l’estranger n’ayant plus à faire qu’à luy, le mena de sorte, et le blessa en tant d’endroicts que de foiblesse pour le deffaut du sang, il se laissa choir du cheval en terre, et d’une si lourde cheutte, que frappant de la teste la premiere il se tordit le col de la pesanteur du corps et des armes. L’estranger mettant pied à terre, et voyant qu’il estoit mort, le prend par un pied, le traine hors du camp, et son frere de mesme ».
Annotations :
1. Signé sous la gravure à droite « Guélard sculp. »