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Silvandre s’évanouit (L’Astrée, 1733, IV, 2) - Guélard

Notice #016256

Image HD

Série de l'image :
L’Astrée de M. d’Urfé, Paris, Pierre Witte & Didot, 1733, 5 vol. in-12
Auteur(s) :
Guélard, Jean-Baptiste Antoine, grav. parisien actif 1730-1755
1733
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Y2-7044
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :
Silvandre et Hylas ont eu une dispute au sujet de Diane. Diane soupçonne Silvandre de ne l’aimer qu’en apparence, et d’aimer véritablement Madonte. Phillis rapporte à Silvandre ces soupçons.
   Silvandre, accusé par Phillis d’avoir trahi Diane, perd connaissance au pied d’un arbre ; il est secouru par Phillis. A l’arrière-plan, Astrée aperçoit Silvandre évanoui et le montre à Alexis et à Diane.
   
   Silvandre a d’abord un premier étourdissement :
    « Silvandre alsors ravy d’estonnement, et s’esloignant d’un pas de Phillis, se plia les bras l’un dans l’autre sur l’estomach, et sans pouvoir ouvrir la bouche, demeura les yeux fermez, et sans siller, sur la bergere, comme s’il n’eust point eu de sentiment. Et n’eust esté qu’ayant demeuré quelque temps de cette sorte. Phillis qui en eut pitié le tira par le bras, ce ravissement l’eust tenu bien long-temps insensible; mais comme s’il fust revenu d’un long évanouissement : O Dieu! Dit-il, avec un grand souspir, et joignant les mains ensemble, ô Dieu! quelle faute ay-je commise contre vostre puissance ? »
   
   Puis la dispute s’envenime, et Silvandre s’évanouit :
   
    « Et il fut tres à propos que, durant leurs discours, toute la trouppe se fust entierement éloignée d’eux, autrement il eust esté impossible que chacun ne se fust apperceu du trouble où ces paroles le mirent, qui fut à la verité plus grand que la bergere n’avoit estimé. Le regret de se voir accusé d’une faute qu’il n’avoit point faite, la perte de la bonne grace qu’il avoit esperé d’obtenir en Diane, et les cruelles paroles de Phillis, qu’il jugea bien venir de la part de sa maistresse, le surprindrent de telle sorte, que sans pouvoir proferer un seul mot, il fut contrainct de s’appuyer contre un arbre, où sa foiblesse augmentant, et les jarrets luy venants à deffaillir, il se laissa couler sur la terre, où peu apres une si grande deffaillance de cœur le surprit, que peu à peu il demeura immobile, et sans point de sentiment.
   Phillis qui le vid en cet estat, le tira plusieurs fois au commencement par les bras, et puis voyant qu’il se laissoit aller comme s’il eust esté mort, elle courut au petit ruisseau qui accompagne cette allée jusques dans Lignon, et puisant de l’eau dans ses mains, s’en revint courant la luy jetter au visage; mais tous ces remedes ne luy profitans de rien, elle le laissa toute espouvantée, et s’en courust du costé où elle avoit veu passer toute cette trouppe, pour appeler quelqu’un qui le vinst secourir. »
   
   Enfin, hélées par Phillis, Astrée, Diane et Alexis se portent à leur secours :
   
    « Et il fut tres à propos que, durant leurs discours, toute la trouppe se fust entierement éloignée d’eux, autrement il eust esté impossible que chacun ne se fust apperceu du trouble où ces paroles le mirent, qui fut à la verité plus grand que la bergere n’avoit estimé. Le regret de se voir accusé d’une faute qu’il n’avoit point faite, la perte de la bonne grace qu’il avoit esperé d’obtenir en Diane, et les cruelles paroles de Phillis, qu’il jugea bien venir de la part de sa maistresse, le surprindrent de telle sorte, que sans pouvoir proferer un seul mot, il fut contrainct de s’appuyer contre un arbre, où sa foiblesse augmentant, et les jarrets luy venants à deffaillir, il se laissa couler sur la terre, où peu apres une si grande deffaillance de cœur le surprit, que peu à peu il demeura immobile, et sans point de sentiment.
   Phillis qui le vid en cet estat, le tira plusieurs fois au commencement par les bras, et puis voyant qu’il se laissoit aller comme s’il eust esté mort, elle courut au petit ruisseau qui accompagne cette allée jusques dans Lignon, et puisant de l’eau dans ses mains, s’en revint courant la luy jetter au visage; mais tous ces remedes ne luy profitans de rien, elle le laissa toute espouvantée, et s’en courust du costé où elle avoit veu passer toute cette trouppe, pour appeler quelqu’un qui le vinst secourir. »
Annotations :
1. Signé sous la gravure à droite « Guélard sc. »