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Mélandre surprend Lydias aux pieds d’Amérine (L’Astrée, 1733, V, 2) - Rigaud

Notice #016268

Image HD

Série de l'image :
L’Astrée de M. d’Urfé, Paris, Pierre Witte & Didot, 1733, 5 vol. in-12
Auteur(s) :
Rigaud, Jacques (vers 1681-1754)
Date :
1733
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Y2-7045
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :
Suite de l’histoire de Lipandas, d’Amérine, de Mélandre et de Lydias.
   La guerre de Polémas s’achève. La belle Mélandre est sans nouvelles de Lydias qu’elle aime. Cependant son prisonnier Lipandas l’aime. Mélandre soupçonne Lydias de s’être sauvé avec Amérine. De fait, Amérine a sauvé la vie de Lydias alors qu’il était tombé blessé dans le fossé de Marcilly.
   
    « Durant le chemin elle [=Mélandre en chemin vers la maison du mire, ou médecin, où Lydias se trouve]] fut combattue de mille differentes pensées : tantost elle s’imaginoit le contentement qu’elle auroit de revoir celuy pour lequel elle avoit couru de si dangereuses fortunes, et tantost, pensant qu’Amerine estoit aupres de luy, elle changeoit d’humeur, et mouroit d’apprehension qu’il luy eust este perfide. Enfin apres une longue dispute [= avec elle-même], elle arriva dans la chambre de Lydias, et comme elle n’avoit point quitté l’habit de chevalier, elle fut jusqu’aupres de luy sans avoir esté recognue. Elle le trouva à genoux devant Amerine, qui assise sur un lict tenoit sur son giron la teste de son amant, dequoy Melandre fut si offensée que cedant tout à fait aux efforts de sa colere et de sa jalousie : Et bien perfide, dit-elle, tirant Lydias par la manche de son pourpoinct, sont-ce là les marques que tu me devois donner de ta recognoissance ? En cet instant Lydias la recognut, et se leva pour la saluer, mais elle, le repoussant : Non, non, dit-elle, demeure hardiment prosterné devant cette belle fille, elle ne jouyra pas long-temps du sacrifice que tu luy fais, car j’ay asses de moyens pour me vanger de la trahison dont tu t’es rendu coulpable, et souviens-toy que si le Ciel m’en refuse la justice, j’ay assez de courage pour la chercher dans mon desespoir.
   A ce mot regardant Amerine, puis Lydias d’un œil qui tesmoignoit assez le transport où elle estoit, elle sortit sans avoir donné le temps au chevalier de luy dire seulement une parole. »
Annotations :
1. Signé sous la gravure à gauche « Rigaud. In. S. » (invenit et sculpsit).