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Rencontre du pape Léon 1er et d’Attila - Raphaël

Notice #016360

Image HD

Auteur(s) :
Raphaël, Raffaello Sanzio dit (1483-1520)
1514
Nature de l'image :
Fresque
Sujet de l'image :
Histoire moderne. 05e-11e siècles. Italie
Lieu de conservation :
Rome, Vatican
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Chambre d’Héliodore
Traitement de l'image :
Image web
Localisation de la reproduction :
http://commons.wikimedia.org/

Analyse

Analyse de l'image :
Le pape Léon Ier est peint sous les traits de Léon X.
   
   « Il faut avoir les yeux accoutumés à contempler des beautés de ce genre, & un goût formé par l’étude des anciens, pour appercevoir toutes les beautés qui abondent dans les ouvrages de Raphaël. Le spectateur, qui sera ainsi préparé, démêlera les traits les plus nobles de grandeur & d’énergie dans la tranquillité même & le repos qui distinguent les principales figures de son Attila, & qui les font paroître inanimées aux yeux des observateurs ordinaires. L’évêque de Rome, qui, dans ce fameux tableau, engage le roi des Huns à se désister de son entreprise de saccager la ville, n’est pas représenté avec le geste animé & l’attitude d’un orateur ; non : il n’y paroît qu’avec l’air serein & imposant d’un vieillard vénérable, dont la présence suffit pour calmer la tempête. Il nous rappelle cette belle peinture de Virgile :
    Tum pietate gravem ac meritis si forte virum quem
    Conspexere… silent, arrectisque auribus adstant. Æn.
   Même sous l’œil farouche du prince barbare, la physionomie du pontife Romain exprime cette sérénité d’ame qui naît d’une confiance entière en Dieu. Les deux Apôtres qui sont représentés dans les nuages n’ont point l’air d’anges destructeurs : mais, s’il est permis d’employer une image profane pour un sujet sacré, ils ressemblent plutôt au Jupiter d’Homère, qui, par un seul mouvement de ses sourcils, fait trembler l’Olympe jusque dans ses fondemens.
   L’Algarde, en représentant ce même sujet en relief sur un autel de l’église de Saint-Pierre à Rome, a été bien loin de pouvoir donner à ses deux apôtres la tranquillité expressive des figures du grand Raphaël, qui ont cet air vénérable & imposant qui convient aux ministres de Dieu ; tandis que l’Algarde les a armés de pied en cap, & en a fait deux soldats communs. » (Winckelmann, 1755, éd. 1786, p. 35-36)
Annotations :
3. La comparaison entre la fresque de Raphaël et le bas relief de l’Algarde est développée par Winckelmann dans les Réflexions sur l’imitation des œuvres grecques dans la peinture et la sculpture, 1755.