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Le Petit Poucet (Cabinet des fées, t1, 1785) - Marillier

Notice #016790

Image HD

Série de l'image :
Chevalier de Mayer, Cabinet des fées, ou coll. choisie des contes de fées…, 1785
Auteur(s) :
Marillier, Clément-Pierre (1740-1808)
Delvaux, Rémi Henri Joseph (1748 ou 1750-1823), graveur, élève de N. Lemire
Date :
1785
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 18e siècle
Lieu de conservation :
Madison Wisconsin, Memorial Library
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
PZ24C3 (1)
Traitement de l'image :
Photo numérique

Analyse

Analyse de l'image :
Égarés dans la forêt, le petit Poucet et ses frères demandent l’hospitalité à la femme de l’ogre. L’ogre rentre chez lui, la bonne femme cache les enfants, mais l’ogre sent leur odeur. Les enfants sont temporairement sauvés par le discours de la femme de l’ogre, qui est mis en scène ici.
   
    « L’Ogre demanda d’abord si le soupé estoit prest & si on avoit tiré du vin, & aussi-tost se mit à table. Le Mouton estoit encore tout sanglant, mais il ne luy en sembla que meilleur. Il fleuroit à droite & à gauche, disant qu’il sentoit la chair fraiche. Il faut luy dit sa femme, que ce soit ce veau que je viens d’habiller que vous sentez. Je sens la chair fraîche, te dis-je encore une fois, reprit l’Ogre en regardant sa femme de travers, & il y a icy quelque chose que je n’entens pas ; en disant ces mots, il se leva de Table, & alla droit au lit. Ah, dit-il voilà, donc comme tu veux me tromper maudite femme, je ne sçais à quoi il tient que je ne te mange aussi, bien t’en prend d’estre une vieille beste. Voila du Gibier qui me vient bien à propos pour traiter trois Ogres de mes amis, qui doivent me venir voir ces jours-icy. Il les tira de dessous le lit, l’un aprés l’autre. Ces pauvres enfans se mirent à genoux en luy demandant pardon, mais ils avoient affaire au plus cruël de tous les Ogres, qui bien loin d’avoir de la pitié, les dévoroit déjà des yeux, & disoit à sa femme que ce seroient là de friands morceaux lorsqu’elle leur auroit fait une bonne sausse. Il alla prendre un grand Couteau, & en approchant de ces pauvres enfans, il l’aiguisoit sur une longue pierre qu’il tenoit à sa main gauche. Il en avoit déjà empoigné un, lorsque sa femme luy dit, que voulez-vous faire à l’heure qu’il est, n’aurés-vous pas assez de temps demain matin ? Tais-toy, reprit l’Ogre, ils en seront plus mortifiés. Mais vous avez encore là tant de viande, reprit sa femme : voilà un Veau, deux & la moitié d’un cochon. Tu as raison, dit l’Ogre, donne-leur bien à souper affin qu’ils ne maigrissent pas, & va les mener coucher. »
Annotations :
1. En haut à gauche (presque effacé) « Le petit Poucet », à droite « Tom 1. pag. 70 »
Légende dans le cartouche sous la gravure : « Voila du gibier qui me vient bien a propos | pour traiter trois Ogres de mes amis. ».
Signé et daté sous le cartouche à gauche « C. P. Marillier inv. », au centre « 1785 », à droite « R. Delvaux fecit. »
La gravure est insérée après la p. 90, la phrase de la légende est au centre.