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1001 nuits. La lampe merveilleuse (Cabinet des fées, t10, 1785) - Marillier
1001 nuits. La lampe merveilleuse (Cabinet des fées, t10, 1785) - Marillier

Notice #016869

Image HD

Série de l'image :
Chevalier de Mayer, Cabinet des fées, ou coll. choisie des contes de fées…, 1785
Artiste :
Marillier, Clément-Pierre (1740-1808)
Le Beau, Pierre-Adrien (1748-1773)
Date :
1785
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 18e siècle
Lieu de conservation :
Madison Wisconsin, Memorial Library
PZ24C3 (10)

Analyse

Analyse de l'image :

Histoire d’Aladdin, ou la lampe merveilleuse.
    Dans la capitale du royaume de Chine, un pauvre tailleur, Mustafa, avait un fils, Aladdin, très mal élevé. Le père meurt de chagrin devant le libertinage de son fils. Sa mère ferme boutique. Un magicien vient à passer, le magicien africain. Il se fait passer pour l’oncle d’Aladdin et entre dans les bonnes grâces de sa mère. Puis il emmène Aladdin visiter des palais : ils marchent de jardin en jardin, puis au delà des jardins jusqu’au pied des montagnes. Là il fait apparaître par magie une pierre avec un anneau. Seul Aladdin peut soulever cette pierre, en prononçant le nom de son père et de son grand-père. Le magicien lui demande d’aller y chercher une lampe qui se trouve au bout de trois salles et d’un jardin, sans rien toucher d’autre, et lui donne un anneau pour le préserver de tout danger.
    Aladdin n’a permission que de cueillir les fruits du jardin, qui sont en pierres précieuses. Il se charge de fruits à son retour et demande au magicien qui l’attend à la sortie de l’aider à monter les dernières marches. Le magicien lui demande tout de suite de lui donner la lampe, ce qu’Aladdin refuse : il est trop encombré !
    Furieux, le magicien referme le caveau et s’en va, laissant Aladdin enfermé.
    « Aladdin demeura deux jours en cet état, sans manger & sans boire : le troisième jour, enfin, en regardant la mort comme inévitable, il éleva les mains en les joignant ; & avec une résignation entière à la volonté de dieu, il s’écria : Il n’y a de force & de puissance qu’en dieu, le haut, le grand. Dans cette action de mains jointes, il frotta sans y penser l’anneau que le magicien afriquain lui avoit mis au doigt, & dont il ne connoissoit pas encore la vertu. Aussitôt un génie, d’une figure énorme & d’un regard épouvantable, s’éleva devant lui comme de dessous la terre, jusqu’à ce qu’il atteignît de la tête à la voûte, & dit à Aladdin ces paroles : Que veux-tu ? me voici prêt à t’obéir comme ton esclave, & l’esclave de tous ceux qui ont l’anneau au doigt, moi & les autres esclaves de l’anneau.
    En tout autre temps, & en toute autre occasion, Aladdin, qui n’étoit ps accoutumé à de pareilles visions, eût pu être saisi de frayeur, & perdre la parole à la vue d’une figure si extraordinaire ; mais occupé uniquement du danger présent où il étoit, il rpéondit sans hésiter : Qui que tu sois, fais moi sortir de ce lieu, si tu en as le pouvoir.  »
   
   Mais plusieurs détails sur la gravure ne correspondent pas au texte face auquel elle est insérée : quel est le personnage agenouillé devant Aladdin ? Dans la caverne, Aladdin et le génie sont seuls. Pourquoi Aladdin tient-il la lampe dans ses mains ? Dans le texte, c’est avec la bague du magicien qu’il fait apparaître alors le génie, et non avec la lampe. Pourquoi voit-on derrière Aladdin une porte avec un rideau, comme dans l’intérieur d’une pièce de maison et non comme dans une grotte ?
   
   En fait, la gravure illustre la deuxième apparition du génie, après qu’Aladdin est revenu chez sa mère. Celle-ci se prépare à partir vendre la lampe au marché, car il n’y a plus rien à manger. Elle frotte la vieille lampe qui est sale, et le génie apparaît, prononçant les mêmes paroles que la 1ère fois (d’où la confusion du relieur) :
   
    « La mère d’Aladdin prit la lampe où elle l’avoit mise. La voilà, dit-elle à son fils, mais elle est bien sale ; pour peu qu’elle soit nettoyée, je crois qu’elle en vaudra quelque chose davantage. Elle prit d el’eau& un peu de sable fin pour la nettoyer ; mais à peine eut-elle commencé à frotter cette lampe, qu’en un instant, en présence de son fils, un génie hideux & d’une grandeur gigantesque s’éleva & parut devant elle, & lui dit, d’une voix tonnante : Que veux-tu ? me voici prêt à t’obéir, comme ton esclave, & de tous ceux qui ont la lampe à la main, moi avec les autres esclaves de la lampe.
    La mère d’Aladdin n’étoit pas en état de répondre : sa vue n’avoit pu soutenir la figure hideuse & épouvantable du génie ; & sa frayeur avoit été si grande, dès les premières paroles qu’il avoit prononcées, qu’elle étoit tombée évanouïe.
    Aladdin, qui avoit déjà eu une apparition à-peu-près semblable dans le caveau, sans perdre de temps ni le jugement, se saisit promptement d ela lampe ; & en suppléant au défaut de sa mère, il répondit pour elle d’un ton ferme. J’ai faim, dit-il au génie, apporte-moi de quoi manger. »
   

Annotations :

1. En haut à gauche « Les Mille et une Nuit », à droite « Tom. 10. pag. 385. »
Légende dans le cartouche : « Que veux-tu ? me voici prêt a t’obéir com[m]e ton Esclave, | et de tous ceux qui ont la Lampe a la main. »
Signé sous le cartouche à gauche « C. P. Marillier dir. » à droite « Le Beau Sc. »
Gravure insérée par erreur après la p. 384 et non avant la p. 385 comme préconisé en haut à droite (pas dans le bon sens donc), la phrase débute en italiques à la 8e ligne de la p. 385.
Le texte mis en rapport avec la gravure n’est de toutes façons pas le bon. Le génie répète les mêmes paroles lors de sa 2e apparition, dans la maison d’Aladdin et de sa mère, dix pages plus loin. Voir la p. 393.