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Recherche infructueuse

Génies. Abudah (Cabinet des fées, t.29, 1785) - Marillier

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Date :
1785
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Lieu de conservation :
PZ24C3 (29)
Œuvre signée
Légende

Analyse

Histoire du marchand Abudah, ou le talisman d’Oromane. Aventure du marchand Abudah dans la vallée de Bocchim.
Abudah est un riche marchand de Bagdad. Bien que tout le favorise de jour, il subit chaque nuit la terreur d’une petite boîte qui s’ouvre, offrant la figure d’une vieille sorcière, qui lui suggère de chercher le talisman d’Oromane. Un jour on lui amène un voyageur qui prétend savoir où se trouve ce talisman : dans la vallée de Bocchim, gardé par des génies qu’on peut amadouer par de magnifiques présents.
Abudah ordonne au voyageur de préparer les présents, puis l’immense caravane se met en marche pour la vallée Bocchim. Ils arrivent devant une forêt qui semble impénétrable. Abudah et son guide continuent à pied jusqu’à l’entrée d’une caverne : le voyageur y disparaît brusquement. Abudah resté seul s’endort. Quand il s’éveille, il est dans un palais enchanté. Il entre dans une salle du trône, où se tient un vieillard entouré de toute une cour. Un génie lui fait visiter le palais, jusqu’au coffre où se trouve le talisman. Il lui offre le coffre pour le ramener à Bagdad, mais l’avertit que le talisman doit rester dans ce coffre, fermé de 50 clefs.
Au sortir de la caverne, toutes les richesses de la caravane ont disparu. Sur le chemin du retour, ils sont attaqués par des voleurs arabes. Les esclaves d’Abudah les mettent en déroute, mais le chef des esclaves réclame la moitié des richesses du coffre pour lui et et ses compagnons. Abudah tente de les fléchir : il n’y a rien dans le coffre, qu’un élixir ! Rien n’y fait, on lui donne une demi-heure pour se résoudre.
Abudah se retire seul dans sa tente, se jette sur le coffre. Il s’endort immédiatement et se réveille transporté dans sa maison de Bagdad, sa femme dormant près de lui. Comprenant que c’est l’effet de la magie du talisman, il désire ouvrir le coffre. Mais aucune clef n’ouvre aucune des serrures ! La vieille sorcière de la boîte surgit alors et lui dit que les vraies clefs sont ailleurs…
Au matin, sa femme explique à Abudah qu’il a été victime d’un imposteur. Il n’a jamais voyagé et le voyageur a dilapidé sa fortune pendant un mois. Tout ce qu’il a vu n’est que visions.
Le lendemain soir, la sorcière l’éveille à nouveau pour l’inviter à nouveau à aller chercher le talisman d’Orosmane :

« Il alloit répliquer, lorsqu’une musique ravissante se fait entendre : l’appartement est rempli d’un parfum délicieux. Un petit nuage descend du plafond, il s’ouvre ; une beauté charmante paroît : elle étoit belle comme les houris du paradis, & n’avoit pour parure qu’une guirlande de fleurs immortelles : elle tenoit d’une main une coupe de crystal, de l’autre elle y exprimoit le jus d’un raisin déicieux.
“Fidelle Abudah, lui dit-elle, reçois des mains de ta servante la coupe qui contient la science du talisman d’Oromane. Bois ce nectar précieux, couche-toi sur le coffre de fer, & ce trésor inestimable te transportera sans danger dans ces contrées heureuses où tu trouveras les clefs de tous les plaisirs.”
Après avoir prononcé ces mots avec une grâce infinie, elle s’approcha du marchand : celui-ci, transporté de joie, reçut de ses mains plus blanches que l’ivoire, la liqueur céleste & la but avec délice.
La belle houri disparut aussitôt. Abudah tomba assoupi sur le coffre : le sommeil le préparoit à une seconde aventure… »

Annotations :

1. En haut à gauche « Contes des Genies », à droite « Tom. 29. pag. 74. »
Légende dans le cartouche : « Fidele Abudah, reçois des mains de ta Servante la | Coupe qui contient la sçience du Talisman d’Orosmane » [pour : Oromane]
Signé sous le cartouche à gauche « Marillier….. », à droite « Berthet… »
Gravure insérée après la p. 82, la citation débute à la 11e ligne, début du 2e § : « Fidelle Abudah, lui dit-elle, reçois des mains de ta servante la coupe qui contient la science du talisman d’Oromane. Bois ce nectar précieux, couche-toi sur le coffre de fer, & ce trésor inestimable te transportera sans danger dans ces contrées heureuses où tu trouveras les clefs de tous les plaisirs ».
3. L’ouvrage original en anglais comporte déjà des illustrations : Sir Charles Morell, The tales of the genii, or, The delightful lessons of Horam, the son of Asmar, Londres, J. Wilkie, 1764. La traduction française, qui date de 1766, est également illustrée. Dans l’édition anglaise, cette première aventure d’Abudah n’est pas illustrée, mais la seconde l’est, après la p. 48. Marillier pour autant n’est pas l’inventeur de la scène : il s’est inspiré d’une illustration de l’édition de 1782.

Sources textuelles :
[Ridley,] The Tales of the Genii (1764, tr. fr. 1766)

Informations techniques

Notice #016877

Image HD

Identifiant historique :
B6196
Traitement de l'image :
Photo numérique