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Le modèle rouge - René Magritte

Notice #017809

Image HD

Auteur(s) :
Magritte, René (1898-1967)
1935
Nature de l'image :
Peinture sur toile
Sujet de l'image :
Allégorie
Lieu de conservation :
Paris, Centre Pompidou, Musée national d’art moderne
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
AM 1975-216
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :
« En 1933, sous l’effet d’une hallucination nocturne, René Magritte voit dans une cage un œuf, en place de l’oiseau qu’elle renfermait. Méditant sur cette substitution d’image, il y devine la résolution, par les voies de l’inconscient, d’un « problème » répondant à une logique des plus strictes. « Je recherchais à partir de cette révélation si d’autres objets que la cage ne pourraient également manifester – grâce à la mise en lumière d’un élément qui leur serait propre et rigoureusement prédestiné – la même poésie évidente que l’œuf et la cage avaient su produire par leur réunion » (« La Ligne de vie II », Écrits complets, op. cit. , p. 144). Posant de façon systématique le « problème » spécifique à quelques objets, Magritte conçoit des nuages recevant de la pluie, des portes qui dévoilent l’espace qu’elles sont censées rendre inaccessible, des vêtements dotés des attributs physiques qu’ils ont vocation à dissimuler. Max Ernst aurait signalé à Magritte l’enseigne d’un cordonnier de Touraine qui apportait une réponse au « problème » du soulier. La solution des chaussures en peau de pieds apparaît à Magritte d’une telle évidence qu’il en multiplie les variantes. Toutes puisent dans ce fond de sadisme d’où naissent les meilleures œuvres du surréalisme. « On ressent, grâce au Modèle rouge (cat. rais. II, n o 382), que l’union d’un pied humain et d’un soulier de cuir relève en réalité d’une coutume monstrueuse », constate René Magritte (« La Ligne de vie I », Écrits complets, op. cit. , p. 112). Le tableau est l’une des sept versions de la série réalisée entre 1935 et 1964 (une version à Stockholm, Moderna Museet, une à Rotterdam, Museum Boijmans Van Beuningen). Il a été révélé chez Julien Levy, à New York en 1936, et publié par The American Weekly (New York, 1 er mars 1936), avant de faire la couverture de la deuxième édition du Surréalisme et la peinture d’André Breton, en 1945. Présenté à Paris pour la première fois au Salon d’Automne de 1944, il fut acquis par Maria Martins, la compagne de Marcel Duchamp, sur ses conseils. » (Collection art moderne - La collection du Centre Pompidou, Musée national d’art moderne , sous la direction de Brigitte Leal, Paris, Centre Pompidou, 2007)
Annotations :
1. Signé en haut à droite « magritte ».
2. Achat par le musée en 1975.