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Annonciation et Épiphanie (Rome, Sainte-Marie-Majeure)

Notice #018499

Image HD

Série de l'image :
Rome, Basilique Sainte-Marie-Majeure
Date :
Entre 432 et 440
Nature de l'image :
Mosaïque
Sujet de l'image :
Sujet d’histoire sacrée. Annonciation
Lieu de conservation :
Rome, Basilique Sainte-Marie-Majeure
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :
Marie au centre, vêtue et couronnée comme une princesse romaine, mais à la mode orientale (Constantinople est alors la capitale de l’Empire), file la laine avec laquelle elle tissera le voile pourpre destiné au Temple dont elle était la servante. Le motif de la Vierge fileuse se rencontre dans l’art oriental (copte, byzantin et plus tard slave) et s’oppose au motif occidental de la Vierge lisant. Il s’appuie notamment sur l’évangile du Pseudo-Matthieu, pour qui elle travaillait la pourpre de ses doigts (IX, 1-2). La colombe du Saint Esprit et l’archange Gabriel, dans le ciel, lui annoncent la naissance future du Christ.
   Contrairement à l’iconographie qui se fixera ultérieurement, Marie est entourée d’anges : dans le Temple, l’évangile du Pseudo-Matthieu rapporte qu’elle était nourrie par les anges. Les anges pourraient également faire référence à la visite des trois anges à Abraham et à Sarah dans l’Ancien Testament : Marie est une nouvelle Sarah, selon une comparaison qu’on peut extrapoler de l’Epître aux Galates de saint Paul (Ga IV, 21-31).
   Deux temples s’opposent dans le registre supérieur ornés l’un et l’autre sur le rideau de leur porte de trois points noirs, qui désignent les trois lettres composant le tétragramme du nom de Dieu (yod, hé, vav, hé). Ces deux temples sont à gauche la Synagogue, à la porte close, et à droite l’Église chrétienne à la porte ouverte. A l’exception de l’ange central, qui montre la Vierge, les autres anges se détournent de la Synagogue pour montrer le chemin de l’Église.
   Dans l’Évangile du Pseudo-Matthieu, Joseph travaille à Capharnaüm au moment de l’Annonciation et ne revient à Bethléem que plusieurs mois plus tard. Apprenant qu’elle est enceninte, il refuse d’abord d’aller au Temple épouser Marie. Les jeunes filles du Temple le persuadent alors que Marie est vierge, qu’elle reçoi la visiste quotidienne d’un ange, qu’elle est nourrie par les anges et qu’elle est toujours vierge : Joseph finalement convaincu l’épouse au Temple. La mosaïque représente dirtectement les anges s’adressant à Joseph pour le convaincre, et fond les anges des deux épisodes en un seul. Derrière Joseph, la porte du Temple est ouverte, prête à l’accueillir. Le jeu des deux portes peut aussi se définir par rapport à la décision de Joseph : Joseph consommera charnellement le mariage (porte ouverte) tandis que le Christ a été conçu sans consommation charnelle (porte fermée). Joseph se situe du côté de l’ouverture : par lui, le registre supérieur,et le message de l’Annonciation figurent l’ouverture chrétienne de la religion juive aux gentils.
   Il se peut par ailleurs que Marie soit éhalement identifiée à la Sarah de la Genèse recevant la visite des trois anges, et Joseph à droite à l’Abraham de la rencontre au chêne de Mambré, face auquel les trois anges sont toujours interprétés, dans la tradition orthodoxe, comme une préfiguration de la Trinité chrétienne.
   Le registre intermédiaire, en dessous, représente l’hommage des Rois Mages au Christ Roi.
   Il se lit de gauche à droite. A gauche un Roi Mage arrive auprès de Joseph et de Marie, toujours habillée en princesse orientale comme au registre supérieur. Il découvre le Christ Roi. Joseph lève la main droite et nous regarde, comme pour quêter la connivence du spectateur : ce ’est plus ainsi qu’il faut lire, qu’il faut voir la Vierge. Le Roi Mage désigne de la main droite la vraie, la bonne représentation, qui est à droite, de l’autre côté du Christ.
   La femme voilée constitue la nouvelle représentation de la Vierge, en matrone romaine. Cette figure occupe un trône plus important que l’autre et placé légèrement plus avant. Elle est placée juste en dessous de La Vierge du registre supérieur, elle est le personnage que désignent les anges et que regardent les Rois Mages : c’est visuellement la figure la plus importante. Il ne faut plus désormais regarder Marie comme la seule mère temporelle du Christ (Christotokos), dont la royauté temporelle est symbolisée par le costume de princesse byzantine, mais comme aussi la mère spirituelle de Dieu (Théotokos), portant la robe temporelle dorée ET par dessus le maphorion bleu, réunissant ainsi les deux couleurs du trône du Christ, l’or à ses pieds et le bleu du coussin où il est assis.
   La représentation de Marie en robe d’or s’efface en retrait, dans l’intimité de l’espace privé où se trouve Joseph, tandis que la nouvelle représentation, publique et universelle, s’avance au premier plan. L’or représente l’ancien monde, c’est l’or des portes fermées de la synagogue dans le registre supérieur. Le bleu sombre représente le nouveau monde, celui de la porte ouverte de Bethléem à droite qui elle-même fait écho à la porte ouverte de l’Église dans le registre supérieur.
Annotations :
2. La mosaïque se trouve sur l’arc triomphal, registre supérieur gauche.