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Combat de Mandricard et de Rodomont (Roland furieux Anvers 1558, ch24)

Notice #002120

Image HD

Série de l'image :
Orlando furioso, trad. esp. avec suite par Espinosa, Anvers, M. Nucio, 1558
Entre 1543 et 1549
Nature de l'image :
Gravure sur bois
Sujet de l'image :
Fiction, 16e siècle
Lieu de conservation :
Montpellier, Médiathèque centrale d’agglomération Émile Zola
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
31595 (1) RES in-4°
Sujet de recherche :
Iconographie du Roland furieux
Traitement de l'image :
Photo numérique
N° de commande :

Analyse

Analyse de l'image :
    A gauche, Gabrine est pendue par Odoric, ou Odoric par Almonio (st. 45). A droite, lui faisant pendant, les armes de Roland sont pendues à un arbre et constituent un trophée (st. 57).
       Au premier plan, Mandricard et Rodomont, après avoir crevé leurs chevaux, se battent pour la possession de Doralice, qui assiste au combat. Le moment choisi est celui où « l’Africain, qui sent son cheval manquer sous lui, abandonne les étriers et, s’appuyant sur les arçons, saute légèrement à terre. Ainsi l’un et l’autre se retrouvent face à face, à chances égales. Le combat recommence plus ardent que jamais. » (St. 107.) Rodomont, l’Africain, est donc le chevalier de droite. Il est possible que le cheval qui arrive de la gauche, sous le pendu, soit le cheval de l’ambassadeur des rois sarrasins (st. 108).
       En haut à droite, un ermite rencontre Isabelle pleurant le corps de Zerbin et la dissuade de se suicider (st. 87).
       Au second plan sur la gauche, Roland nu s’avance vers le mausolée de Rodomont, où Isabelle est enterrée (st. 14).
      
       La logique de composition de cette gravure n’est pas narrative : en effet, le graveur n’a pas suivi l’ordre de la narration, ni du premier plan vers le fond, ni d’un côté vers l’autre de l’image. Cela ne veut pas dire que l’image n’est pas composée. Le pendu de gauche, symbole de la trahison, fait pendant au trophée de droite, symbole de gloire. Roland face au mausolée de Rodomont s’oppose à l’ermite face à Isabelle et Zerbin : la mort glorieuse de Zerbin, le couple sublime qu’il forme avec Isabelle à la manière d’une piétà, à droite, s’opposent à la honte de Rodomont et à la honte de Roland à gauche, tous deux déçus par l’amour. Enfin, au centre, le combat des deux chevaliers pour obtenir une dame qu’ils se disputent constitue la performance chevaleresque médiévale par excellence, même si cet épisode, surtout amputé de l’intervention de l’ambassadeur (élément narratif qui déconstruit la performance), ne nous semble guère représentatif aujourd’hui de l’ensemble du chant XXIV.
       Pour cette gravure de facture traditionnelle, conservatrice, l’illustrateur a ramené le texte aux modèles archétypaux qu’il attachait pourtant à détourner et à subvertir.