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Marphise rallie Arles (Roland furieux, Valgrisi, chant 32)
Marphise rallie Arles (Roland furieux, Valgrisi, chant 32)

Notice #002201

Image HD

Série de l'image :
Lodovico Ariosto, Orlando furioso, Venise, V. Valgrisi, 1560, con privilegio
Auteur(s) :
Dosso Dossi, Giovanni de Lutero dit (1489-90/1542)
Date :
Entre 1556 et 1560
Nature de l'image :
Gravure sur bois
Sujet de l'image :
Fiction, 16e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Résac yd 389
Sujet de recherche :
Iconographie du Roland furieux
Traitement de l'image :
Scanner
N° de commande :
2301847
Date de commande :
31/01/2003
Photo sur papier
Localisation de la reproduction :
Collection particulière (Cachan)

Analyse

Analyse de l'image :

Au premier plan à gauche, Marphise (MAR.) tenant le nain Brunel (BRV.) prisonnier devant elle sur sa monture, rallie Arles (ARLI, st. 6). Dans le palais d’Arles, sur la gauche, Marphise (M) est représentée remettant Brunel (B) à Agramant (AGRA, st. 7). Au centre du palais, le roi Marsile (M.) donne à un cavalier (C.) ses ordres, copiés par un jeune scribe assis sous lui à un écritoire : ordres « dans tout son royaume pour lever des gens à pied et à cheval, bons ou mauvais » (st. 4). A droite dans le palais, Roger blessé après le combat où il a tué Mandricard se repose (voir XXXI, 88).    

A gauche du palais, on pend Brunel à un arbre, seul avec deux corbeaux (st. 8-9).    

Dans la partie supérieure de la gravure, à gauche Bradamante cherche en vain le sommeil à Montauban où elle attend Roger qui ne vient pas. Au centre, Bradamante partie au-devant de Roger rencontre un Gascon (GVA[scone]) qui lui raconte que Roger va épouser Marphise (st. 28-33). Folle de jalousie, elle part en découdre à Paris, sans savoir que les Sarrasins se sont repliés en Arles (st. 45-48).    

Il faut suivre de gauche à droite le cheminement de Bradamante sur la route du Quercy (CADVR. pour Cadurci, les Cadurques, habitants du Quercy), près de Cahors (CHAOR[se], st. 50, Quercy et Cahors sont représentés comme deux villes et non comme une province et sa capitale), puis le long de la Dordogne (DOR[dona] F[iume], st. 50), jusqu’à ce qu’elle rencontre Ulanie, messagère de la reine d’Islande, accompagnée des rois de Norvège, de Suède et de Gothie, ainsi que de toute une suite (st. 50-54) : Ulanie porte à Charlemagne le bouclier d’or que la reine d’Islande compte offrir au chevalier le plus vaillant de sa cour, pour l’épouser.    

Au-dessus, toujours à droite, entre Montferrand (MÕ) et Clermont (CLAR[monte], st. 50), Bradamante demande à un berger (P[astor], st. 64) où se loger. Il lui indique le château de la Roche-Tristan. Devant ce château, sous la pluie battante et au clair de lune, dans le coin supérieur droit de la gravure, Bradamante à la porte parlemente avec le gardien (st. 69-70) puis défait les trois rois qu’elle avait rencontrés plus tôt et qui occupent maintenant le château (st. 75-77).    

Dans le château de la Roche-Tristan, Bradamante dénoue ses cheveux à droite (st. 80-81), puis banquette au centre (st. 95-97), enfin conteste l’expulsion d’Ulanie à gauche (st. 101-107).        

La composition de cette gravure narrative est tripartite : la moitié inférieure constitue un premier territoire, qui s’organise autour de la forteresse et du château d’Arles. L’épisode essentiellement illustré est celui, distribué en trois temps, du châtiment de Brunel. C’est la trahison punie, le thème de la trahison étant récurrent à cet endroit de la gravure.    

Le second territoire est balancé entre la forteresse de Montauban à gauche et la rencontre de Bradamante avec Ulanie et ses trois chevaliers à droite. Entre les deux, la rencontre entre Bradamante et le Gascon sert de point d’articulation. La partie gauche, où Bradamante se morfond, décrit la mélancolie du héros épique, dépossédé de sa chevalerie; la partie droite, où Bradamante se dirige vers le château de Tristan, marque le ressaisissement du héros, qui repart au combat.    

Le troisième territoire, tout en haut de la gravure, est consacré au château de la Roche-Tristan et à ses environs. Il marque la refondation symbolique : Bradamante triomphe de ses adversaires et rétablit, au moins pour Ulanie, les règles de l’hospitalité courtoise que le règlement du château avait perverties.