Koradin présenté à Benmaacoro (Alzonde et Koradin, t. 1, ch. 12, 1799)
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Analyse
Koradin [Sainville] vient d'être capturé par des sauvages du royaume de Butua. Il est mené nu devant le prince du royaume, Benmaacoro, qui s'abstient de le manger. Benmaacoro désire le garder afin qu'il remplace à l'avenir son gouverneur, le Portugais vieillissant Delsinto [Sarmiento].
Hormis les noms, le texte de cette édition reprend mot pour mot celui de Sade :
[on] nous introduisit [dans la pièce] où se tenait le monarque. On le voyait élevé au fond de cette pièce, dans un gradin, à-demi couché sur des coussins de feuilles, placées sur des nattes très-artistement travaillées ; il était entouré d’une trentaine de filles, beaucoup plus jeunes que celles que j’avais vues remplir les fonctions militaires. Il y en avait encore dans l’enfance, et le plus grand nombre, de douze à seize ans. En face du trône, se voyait un autel élevé de trois pieds, sur lequel était une idole, représentant une figure horrible, moitié homme, moitié serpent, ayant les mammelles d’une femme, et les cornes d’un bouc ; elle était teinte de sang. Tel était le Dieu du pays ; sur les marches de l’autel… le plus affreux spectacle s’offrit bientôt à mes regards. Le prince venait de faire un sacrifice humain ; l’endroit où je le trouvais, était son temple, et les victimes récemment immolées, palpitaient encore aux pieds de l’idole… Les macérations dont le corps de ces malheureuses hosties étaient encore couverts… le sang qui ruisselait de tous côtés… ces têtes séparées des troncs…, achevèrent de glacer mes sens… Je tressaillis d’horreur. (Sade, Aline et Valcour, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1990, XXXV, p. 556).
- Signé en-dessous de l'image : « Texier. deleni. et Sculp. ».
Légende de l'image : « Et il dit à Delsinto qu'il me trouvait trop | maigre pour être mangé ».
Informations techniques
Notice #025466