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Paméla raconte une histoire à ses enfants (Pamela 1742, vol. 4) - Gravelot

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Date :
1742
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Lieu de conservation :
après p. 474

Analyse

Paméla écrit à Myladi G…. comment elle amuse sa petite famille en lui racontant des Histoires.    

« Mademoiselle Goodwin est un prodige pour son âge. Elle s’est rendu familiers plusieurs des plus excellents caracteres du SPECTATEUR. Elle a une petite teinture de Latin, entend passablement l’Italien, & possede le François dans la perfection ; ce qui fait qu’elle est rarement embarrassée à trouver l’étymologie des mots qui ne sont pas d’origine Angloise.Je vous conterai une histoire que je lui ai faite sous des noms supposés, à laquelle elle a pris un si grand plaisir, qu’elle l’a mise par écrit ; vous pourrez vous faire par ce moyen une idée de son discernement. Mais avant cela je mettrai votre patience à l’épreuve en vous faisant de mes contes d’enfants.
Tous les jours, si rien ne m’en empêvhe, j’engage une ou deux fois mademoiselle Goodwin, qui joue fort joliment du clavecin & ne chante pas mal, à me régaler d’un ou de deux airs. J’en fais faire autant à Guillaume, & à Davers [281], qui aiment cet instrument, & apprennent à en jouer. Toute jeune que soit ma Paméla, elle imite ses freres, & je m’apperçois qu’elle semble avoir les doigts faits pour cela, & qu’elle a l’oreille excellente : pour sa voix, c’ets la musique même. Oh quelle mere ! quelle mere follement passionnée ! C’est ce que vous ne manquerez pas de dire en lisant ceci.    
Après ces petits exercices, nous allons tous ensemble dans la chambre des enfants, auprès de Charles & de Jacques. Imaginez-vous que, dans cette heureuse retraite qui fait mes délices en l’absence de mon bie -aimé, vous me voyez assise et environnée de ce qui fait ma joie, fonde mes espérances pour l’avenir, & me rend contente pour le présent.    
Représentez-vous mademoiselle Goodwin à ma droite, assise sur une chaise de velours, parce qu’elle est la plus âgée & une Demoiselle ; guillaume à ma gauche dans un petit fauteuil à fond de canne, parce qu’il est l’aîné & un sage garçon : Davers, ma Paméla avec ses yeux pétillants, & Charles au milieu d’eux, assis à mes pieds sur de petits coussins de soie, se tenant par la main, & leurs yeux, où éclate la joie, attachés sur les miens, qui en sont encore plus pénétrés ; Jacques, cet enfant quin promet d’être d’un si bon naturel, assis sur mes genoux ; les nourrices & le berceau derriere nous, & les servantes d’enfants occupées à quelque ouvrage utile à ces cheres créatures. Représentez-vous-les, dis-je, tous aussi tranquilles que le silence même, & tels qu’ils le sont ordinairement lorsque leurs yeux attentifs s’apperçoivent que j’ouvre [282] la bouche pour parler ; car ils font déjà grande attention à ce que je leur ai dit de deux oreilles & d’une langue […].
Dans cette disposition, imaginez-vous que je commence à leur conter l’histoire de deux petits garçons & de deux petites filles, enfans d’un beau Monsieur & d’une belle Dame, qui les aimoient tendrement. Ils étoient tous si sages, & avoient tant d’amitié les uns pour les autres, que quiconque les voyoit, les admiroit, & ne pouvoit se lasser d’en parler par-tout où il se trouvoit. »

Annotations :

1. En haut à droite « Vol. IV p. 474. 475». En bas à droite « Gravelot … »

Sources textuelles :
Richardson, Pamela (1740)
éd. de Rouen, 1782, t. VIII, lettre 61, p. 280

Informations techniques

Notice #004501

Image HD

Identifiant historique :
A3820
Traitement de l'image :
Image web
Localisation de la reproduction :
Collections en ligne du British Museum (http://www.britishmuseum.org)