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L’homme et son image (Fables de La Fontaine, Barbin, 1668) - Chauveau

Notice #004745

Image HD

Série de l'image :
Fables choisies mises en vers par M. de La Fontaine, in-4°, Denys Thierry, 1668
Auteur(s) :
Chauveau, François (1613-1676)
Date :
1668
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Versailles, Bibliothèque municipale centrale
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Rés. Lebaudy in-4 32
Traitement de l'image :
Photo numérique
N° de commande :

Analyse

Analyse de l'image :
Pour M.L.D.D.L.R. :
   Un Homme qui s’aimait sans avoir de rivaux
   Passait dans son esprit pour le plus beau du monde :
   Il accusait toujours les miroirs d’être faux,
   Vivant plus que content dans son erreur profonde.
   Afin de le guérir, le Sort officieux
    Présentait partout à ses yeux
   Les conseillers muets dont se servent nos Dames :
   Miroirs dans les logis, miroirs chez les marchands,
    Miroirs aux poches des Galands,
    Miroirs aux ceintures des femmes.
   Que fait notre Narcisse ? Il se va confiner
   Aux lieux les plus cachés qu’il peut s’imaginer,
   N’osant plus des miroirs éprouver l’aventure.
   Mais un canal, formé par une source pure,
    Se trouve en ces lieux écartés :
   Il s’y voit, il se fâche ; et ses yeux irrités
   Pensent apercevoir une chimère vaine.
   Il fait tout ce qu’il peut pour éviter cette eau.
    Mais quoi, le canal est si beau
    Qu’il ne le quitte qu’avec peine.
    On voit bien où je veux venir.
    Je parle à tous ; et cette erreur extrême
   Est un mal que chacun se plaît d’entretenir.
   Notre âme c’est cet Homme amoureux de lui-même ;
   Tant de miroirs, ce sont les sottises d’autrui,
   Miroirs, de nos défauts les peintres légitimes ;
   Est un mal que chacun se plaît d’entretenir.
   Notre âme c’est cet Homme amoureux de lui-même ;
   Tant de miroirs, ce sont les sottises d’autrui,
   Miroirs, de nos défauts les peintres légitimes ;
                  Et quant au canal, c’est celui
         Que chacun sait, le livre des Maximes.
Annotations :
1. Signé « F. C. » en bas au centre gauche.
2. Livre I, Fable 11.
3. Les Maximes qu’évoque le poème sont les Maximes de La Rochefoucauld, qui viennent de paraître.